Mon top 3 des parcs animaliers dans le Grand Est, ceux que je soutiens vraiment
- 14 févr. 2023
- 7 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 heures
Il y a des sorties que j'ai regrettées. Le zoo d'Amnéville en fait partie. Je n'accuse personne car les équipes font sans doute ce qu'elles peuvent dans les contraintes qui sont les leurs. Mais, je suis sortie de là avec une certitude que je n'avais pas formulée aussi clairement avant : le business ne peut pas primer sur le bien-être animal. Pas pour moi. La panthère noire tournait en rond dans son enclos. L'ours blanc, Olaf, avait ce regard vide qui fend le coeur. L'ours noir aussi. J'ai compris ce jour-là que je ne pouvais plus payer un billet d'entrée sans savoir où allait cet argent, ni à quoi il servait vraiment.
Depuis, je m'informe avant de me déplacer dans un parc animalier. Et je suis contente de rentrer chez moi avec le sentiment d’avoir soutenu une démarche qui a du sens plutôt que d'avoir assisté à un spectacle.
Dans le Grand Est, trois parcs méritent ce soutien. Je les présente ici, du troisième au premier — mon préféré est à la fin de la liste.
Naturoparc à Hunawihr, un parc animalier qui réintroduit les espèces locales
Naturoparc a été fondé en 1976 avec une ambition qui dit tout sur son état d'esprit : participer à la sauvegarde d'espèces locales menacées puis les réintroduire dans leur milieu naturel. Autrement dit, réussir, pour ce parc, c'est se rendre un peu moins nécessaire. Je trouve cette logique honnête.
On y croise la cigogne blanche, la loutre d'Europe ou le grand hamster d'Alsace. Ce sont des animaux du territoire et non pas des attractions exotiques. En 2011, l'association Sentinelle Nature Alsace a vu le jour au sein même du parc, en partenariat avec la LPO Alsace, pour recueillir la faune sauvage blessée. Chaque année, plus de 1 700 animaux y sont soignés avant d'être relâchés. Ce n'est pas un chiffre pour soigner une communication, c’est un travail véritable.
Le parc est aussi pensé pour les enfants — labyrinthe des sens, ludo-labo, p'tit refuge où l'on apprend à construire un nichoir — sans tomber dans l'animation permanente qui couvre le silence nécessaire à l'observation. Je te conseille de prendre le temps de flâner au lieu de suivre un circuit chronométré : c'est dans les moments sans programme que les rencontres arrivent.
Situé entre Riquewihr et Ribeauvillé, le parc se glisse naturellement dans une journée en Alsace centrale. Il est ouvert de mars à novembre, de 10h à 18h durant l’été ou de 10h30 à 17h30 au printemps et à l'automne. Parking gratuit.
📍 Plus d’informations sur le parc Naturoparc

La Montagne des singes et la Volerie des aigles à Kintzheim, deux parcs animaliers atypiques dans le Grand Est
Au pied du Haut-Kœnigsbourg, deux parcs animaliers coexistent. On peut les visiter le même jour sans forcer.
La Montagne des singes
Deux cents macaques de Barbarie vivent en semi-liberté sur 24 hectares de forêt. L'espèce figure sur la liste rouge des espèces menacées : il en reste environ 8 000 individus en Afrique du Nord, contre 23 000 en 1978. La détérioration de leur habitat et le commerce illégal ont fait le reste. Depuis 1972, les scientifiques qui travaillent ici observent le comportement social de ces primates pour alimenter les programmes de protection de l'espèce.
Ce que j'aime ici, c'est que la visite te met en position d'invité. Tu entres dans leur espace. Les singes s'approchent, repartent, t'ignorent ou t'inspectent selon leur humeur. C'est leur terrain, leurs règles. Je te conseille de laisser les objets de valeur dans la voiture — pas par peur mais par logique : quand on entre dans la maison de quelqu'un, on respecte ses usages. Les petits singes aiment ce qui brillent !
Le parc propose une expérience de petit déjeuner partagé avec les macaques, en petit comité accompagné d'un guide pour ceux qui veulent aller plus loin qu'une promenade.
La montagne des singes est ouvert de mars à novembre, de 10h à 18h durant la saison haute et de 10h à 17h durant la saison basse. Parking gratuit.
📍 Plus d’informations sur la montagne des singes
La Volerie des aigles
Le château de Kintzheim a une histoire longue et tumultueuse. Sa construction débute en 1220 sur ordre de l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen et il est achevé au XVe siècle. Comme beaucoup d’autres châteaux de la région, il est ****endommagé par la guerre de Trente Ans en 1633 puis par la Seconde Guerre mondiale en 1944. Classé aux monuments historiques en 1964, il accueille la Volerie des aigles depuis 1968, la première volerie de France.
L'idée de départ était double : favoriser la reproduction et la protection des rapaces, dont la population avait considérablement chuté sous l'effet des destructions et d'une agriculture expansive, et restaurer leur image auprès du public. Un rapace n'est pas un prédateur à craindre. C'est un régulateur, un indicateur de la santé d'un territoire.
La démonstration de vol libre, commentée, dure environ 40 minutes. Les soigneurs y créent les conditions d'un comportement naturel. Il faut prévoir 1h30 de visite au total. Les horaires des démonstrations varient selon les saisons et les jours : je te conseille de vérifier avant de partir sur le site de la Volerie. Il faut compter 10 minutes depuis le parking pour rejoindre le château.
La volerie des aigles est ouverte de mars à novembre. Les horaires sont variables; consulte le site avant ta visite. Parking gratuit.
📍 Plus d’informations sur la volerie des aigles

Le Parc de Sainte-Croix à Rhodes, mon parc animalier favori dans le Grand Est
Dans ce parc de 120 hectares, on observe plus de 100 espèces en semi-liberté, réparties en cinq univers : le Nouveau Monde, le Voyage de Néo, la Piste des animaux d'Europe, les Histoires de loups et la Ferme de Gérald. Un safari-train traverse le domaine.
Je reviens chaque fois un peu différente de ce parc. Et chaque fois pour les mêmes raisons.
Celui que j’ai hâte de rencontrer à chaque fois, c’est le loup. Je suis fascinée par cet animal autant qu'il m'intimide. Il revient dans nos territoires car on l'observe dans les Vosges et on lit les débats qui entourent sa réintroduction. Il porte des siècles de légendes, de craintes collectives et de diabolisation. Et pourtant, il est indispensable à la biodiversité de nos contrées. Sainte-Croix lui consacre un univers entier et très complet, "Les histoires de loups".
Mais, mon animal favori dans ce parc est le panda roux. Il n'a rien de spectaculaire au sens où on l'entend — il ne rugit pas et il ne galope pas. Il ressemble à la peluche qu'on avait enfant, celle qu'on serrait fort quand quelque chose faisait peur. Il y a quelque chose de rassurant dans sa présence. Je ne suis pas la seule à rester longtemps devant son enclos.
Situé à une heure de Strasbourg, de Metz et de Nancy, le parc est uvert de mars à novembre — 9h15 à 19h en juillet-août, 10h à 18h les autres mois. Restauration sur place. Parking gratuit.
📍 Plus d’informations sur le parc de Ste-Croix
Ce que j'observe dans ces parcs et ce que j'aurais envie de dire à voix haute
Dans chacun de ces parcs, j'ai vu des choses qui m'ont touchée. Et d'autres qui m'ont agacée, notamment les comportements déplacés que j'observe trop souvent : certains enfants tapent sur les vitres pour "réveiller" un animal, d’autres lancent des cris pour forcer une réaction et d’autres encore se permettent des moqueries devant un comportement qui semble bizarre à un œil non averti. Ce qui m'affecte davantage que les comportements des enfants, c'est le silence des adultes à côté d'eux. L'enfant teste, c'est son travail. L'adulte enseigne, c'est le sien.
Trois gestes suffisent pourtant à changer la qualité d'une visite pour tout le monde :
Ne pas s'approcher des vitres ou des grillages de façon brusque. Les animaux lisent les corps, pas les intentions.
Observer en silence quelques minutes avant de commenter. Ce qu'on voit d'un animal qui ne sait pas qu'on le regarde est différent de ce qu'on voit quand on tente de le provoquer.
Expliquer aux enfants ce qu'ils ont devant eux — pas "c'est mignon" ou "ça fait peur" — mais : d'où vient cet animal, pourquoi il est ici, ce que nous faisons à son espèce. Les parcs de ce top 3 fournissent les panneaux pour ça. Encore faut-il s'arrêter pour les lire !
Je ne dis pas cela pour donner des leçons. Je le dis parce que chaque visite dans ces parcs m'a rappelé que nous ne sommes pas là pour être divertis. Nous sommes là pour comprendre ce que nous avons failli perdre et ce que nous pouvons encore choisir de protéger.
Je ne peux pas financer ce que je ne peux pas regarder en face. C'est à peu près le seul critère que j'applique depuis cette sortie à Amnéville.
Ces trois parcs — Naturoparc à Hunawihr, la Montagne des singes et la Volerie des aigles à Kintzheim mais aussi le Parc de Sainte-Croix à Rhodes — ont en commun de travailler pour les animaux qu'ils hébergent, pas seulement avec eux. L'intention y est clairement lisible et c'est ce que je soutiens quand j'achète un billet.
La prochaine fois que tu hésites devant une entrée de parc animalier, pose une seule question : est-ce que cet endroit travaille à rendre les animaux moins dépendants de lui, ou à les rendre plus spectaculaires pour moi ? La réponse dit tout.
FAQ - Les parcs animaliers du Grand Est de la France
Quels parcs animaliers dans le Grand Est respectent vraiment le bien-être animal?
Naturoparc à Hunawihr, la Montagne des singes et la Volerie des aigles à Kintzheim et le Parc de Sainte-Croix en Moselle. Ces trois parcs ont en commun une mission de protection des espèces, un volet pédagogique réel et une logique de réintroduction dans le milieu naturel pour certains d'entre eux.
Le Parc de Sainte-Croix est-il accessible depuis Strasbourg ?
Oui, il est situé à environ une heure de Strasbourg, de Metz et de Nancy. Ouvert de mars à novembre, il propose aussi un safari-train et des hébergements insolites à réserver très en avance.
Peut-on visiter la Montagne des singes et la Volerie des aigles le même jour ?
Oui. Les deux parcs sont situés au pied du Haut-Kœnigsbourg, à Kintzheim. En organisant la journée, les deux visites sont compatibles. Il faut prévoir environ 1h30 par site.
Le Naturoparc de Hunawihr accueille-t-il des animaux sauvages blessés ?
Oui. L'association Sentinelle Nature Alsace, fondée en 2011 au sein du parc, prend en charge chaque année plus de 1 700 animaux sauvages blessés, en partenariat avec la LPO Alsace.
Comment bien se comporter dans un parc animalier ?
Ne pas s'approcher brusquement des vitres ou grillages, observer en silence avant de commenter, et lire les panneaux d'information avec les enfants. Les animaux réagissent aux comportements, pas aux intentions.
Peut-on partager un repas avec les macaques à la Montagne des singes ?
Oui. Le parc propose une expérience de petit déjeuner en compagnie des macaques de Barbarie (1h30, 95 € par personne, avec un guide et un billet d'entrée offert pour une visite ultérieure).
[Mise à jour : mai 2026]



























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