Road-trip en famille de la Charente-Maritime aux châteaux de la Loire
- 21 janv. 2024
- 15 min de lecture
En 2017, je ne savais pas encore que ce départ marquerait le début de tout. L’automne précédent, j’avais traversé un burn-out, et au mois de juin j’avais quitté une vie professionnelle qui m’avait épuisée, si bien que ce premier road-trip de la Charente-Maritime aux châteaux de la Loire est arrivé dans une période de vide — un vide nécessaire, celui qui précède une reconstruction lente, qui allait durer plusieurs années avant que je comprenne enfin qui j’étais vraiment. Je suis partie sans rien théoriser.
Nous étions quatre : mon mari, nos deux enfants — Marie avait neuf ans, Thomas en avait sept — et moi. L’idée n’était pas de cocher des sites mais de leur transmettre, avant l’âge adulte, un bagage culturel suffisant, parce que je crois que certaines choses doivent entrer dans une vie tôt, quand elles ont encore le temps d’y faire leur lit. J’ai découvert à cette occasion ce que l’itinérance permet : goûter à ce qu’une région a de plus dense en peu de jours, sans jamais s’installer dans la routine. Presque dix ans plus tard, alors que ma fille a dix-huit ans et mon fils seize, je sais que c’était le bon choix.
Nous avons embarqué pour huit jours, donc, de la Charente-Maritime aux châteaux de la Loire : un marais qui n’a rien de sauvage, un fort qui n’a jamais servi à rien sauf à faire rêver trois générations, une ville qui a tenu tête au roi, un parc qui assume de réécrire l’Histoire et une enfilade de châteaux où la France raconte sa propre légende mieux que partout ailleurs.
Jour 1 — Le Marais poitevin
Le Marais poitevin, un paysage entièrement façonné par la main de l’homme
On l’appelle la Venise Verte pour ses canaux bordés de frênes et de peupliers et l’on glisse en barque dans ce qui ressemble à une nature spontanée. C’est une erreur de regard. Le Marais poitevin, deuxième zone humide de France après la Camargue, n’a presque rien de naturel : c’est une œuvre patiente, asséchée et organisée à partir du Moyen Âge par les communautés monastiques qui ont creusé et drainé l’eau pendant des siècles pour rendre la terre cultivable. Ce que l’on prend pour un labyrinthe sauvage est en réalité un héritage, un paysage transmis de génération en génération.
Ce détail change tout le reste de la balade. Dès lors qu’on sait que chaque canal a été voulu par une main, le silence de l’eau ne raconte plus la nature mais le travail des hommes qui l’ont domestiquée. La barque avançait au rythme de la pigouille, cette longue perche dont le marais tire son nom de navigation et les enfants suivaient des yeux les hérons et les ragondins sans bruit. Je suis restée longtemps à regarder l’eau immobile, qui ne renvoyait rien d’autre que le reflet des arbres et le nôtre.
Pour une première visite, je te conseille de partir de Coulon, capitale de la Venise Verte, et de choisir une balade guidée plutôt qu’une barque sans guide, parce qu’un batelier lit pour toi un paysage que tu te contenterais sinon de traverser. Pars tôt le matin ou en fin de journée, lorsque la lumière est basse et la fréquentation moindre.
📍Informations : Office de tourisme du Marais poitevin
Jour 2 — Fort Boyard et l’île de Ré
Le lendemain, nous quittions l’eau douce du marais pour l’eau salée de l’Atlantique et un édifice qui appartenait à l’imaginaire de toute la famille avant même qu’on le voie.
Fort Boyard, l’ouvrage le plus inutile et le plus célèbre de la côte atlantique
Fort Boyard était un rêve d’enfance pour nous quatre parce que c’est l’une des rares émissions qui traverse les générations sans s’user. L’excursion en mer permet d’en approcher la masse de pierre posée seule entre l’île d’Aix et l’île d’Oléron. Avant de l’atteindre, le bateau longe un premier fort, Fort Enet, et Thomas, sept ans, nous a demandé le plus sérieusement du monde sur quelle chaîne passait “Fort Enet”. Cette question dit mieux que tout ce qu’un lieu de télévision devient dans la tête d’un enfant : une porte vers le réel.
L’histoire du fort vaut qu’on s’y arrête car elle est celle d’un échec magnifié. Sa construction commence en 1801 sous Napoléon Bonaparte, dans le but de protéger l’arsenal de Rochefort et le littoral des incursions britanniques mais bâtir sur un banc de sable en pleine mer s’est révélé si difficile que le chantier a traîné pendant un demi-siècle. Le fort n’est achevé qu’en 1857, à une époque où la portée de l’artillerie avait tant progressé qu’il était déjà obsolète, si bien qu’il n’a jamais tiré un seul coup de canon en situation de guerre. Ce monument a coûté des fortunes et plus de cinquante ans pour ne servir à rien jusqu’à ce que la télévision lui donne, dans les années 1980, la seule utilité qu’il aura jamais eue : faire rêver.
Sache que l’on ne débarque pas à Fort Boyard, qui reste fermé au public : les excursions permettent seulement d’en faire le tour. Tu peux embarquer depuis La Rochelle, en comptant environ deux heures ou depuis Fouras, pour une sortie plus courte d’une heure. Choisis une journée de mer calme, parce que la houle au large change beaucoup le confort de la traversée.
📍 Informations et réservations : Croisières au départ de Fouras (notre choix)

L’île de Ré le sel et les roses trémières
Après le large, nous avons franchi le pont pour rejoindre l’île de Ré, où les maisons blanchies à la chaux et les roses trémières dressées contre les murs composent une image que l’on connaît avant d’arriver. Mais ce qui m’a retenue, ce n’est pas la carte postale, c’est ce qui la nourrit encore : le sel. L’île vit depuis des siècles de ses marais salants, et le métier de saunier — lire le vent, le soleil, faire monter l’eau dans les œillets jusqu’à la cristallisation — s’y transmet encore. L’Écomusée du Marais Salant, à Loix, en restitue le geste précis.
C’est exactement la distinction que je cherche toujours à faire quand un lieu est très touristique : derrière la fréquentation, il y a toujours un savoir vivant qui mérite qu’on s’y arrête plutôt que de se contenter du décor. Le sel de Ré est de ceux-là. Nous avons pique-niqué sur une plage déserte près du phare des Baleines, les enfants couraient dans le sable et la plage était à nous seuls.
Le pont qui relie le continent à l’île est payant et son tarif varie selon la saison ; en été, traverse tôt pour éviter l’attente. Pour comprendre le travail du sel, je te recommande l’écomusée de Loix, dont les horaires sont indiqués sur son site officiel.
📍Informations : Écomusée du Marais Salant
Jour 3 — La Rochelle
La Rochelle, la ville qui a tenu tête au roi
Les trois tours médiévales qui encadrent le vieux port accueillent le visiteur comme elles ont accueilli des siècles de commerce et de conflits. La Tour Saint-Nicolas et la Tour de la Chaîne tendaient autrefois entre elles une chaîne qui fermait le port la nuit, et la Tour de la Lanterne servait de phare et de prison. Prospère dès le XIIᵉ siècle grâce au commerce maritime, La Rochelle est devenue, pendant les guerres de Religion, l’un des grands bastions protestants du royaume — et c’est cela qui a scellé son destin.
Ce que la beauté du port ne dit pas, c’est le prix que la ville a payé pour son indépendance. En 1627, Richelieu fait construire une digue de plus d’un kilomètre pour fermer la rade et affamer la cité révoltée. Le maire Jean Guiton, dont on raconte qu’il planta sa dague dans la table du conseil en jurant de tenir jusqu’au bout, organise une résistance qui durera plus d’un an. Quand La Rochelle capitule en 1628, sa population est passée d’environ 28 000 habitants à moins de 5 000 — les autres sont morts de faim. Sous le charme du vieux port se tient le souvenir d’une résistance écrite avec panache et payée par la famine, une histoire locale qui a consolidé le pouvoir royal et fait, à sa manière, la grande Histoire de France.
L’après-midi, nous avons changé entièrement de registre avec l’Aquarium de La Rochelle, ouvert en 2001, l’un des plus grands aquariums privés d’Europe. Ce n’est pas seulement une attraction car l’établissement mène un travail réel de pédagogie et de conservation marine. Les enfants, eux, étaient restés un moment plus tôt à imaginer la vie des marins et des pirates en haut des tours.
Je te recommande le billet jumelé pour les trois tours et de prévoir au moins deux heures et demie à l’aquarium parce que le parcours est dense et qu’on le traverse trop vite si l’on s’y précipite. Réserve l’aquarium à l’avance en haute saison.
📍 Informations et réservations : Les Tours de La Rochelle — Aquarium de La Rochelle
Jour 4 — Le Puy du Fou
Le Puy du Fou, l’Histoire mise en spectacle et la question qu’il pose
J’entre toujours dans un lieu avec la même méthode : prendre le recul nécessaire entre l’idéologie et le spectacle parce que, généralement, chaque site réécrit l’Histoire pour se placer du côté du vainqueur. Le rôle du visiteur — comme le mien sur ce blog, où je donne mon avis sans concession — est de faire la part des choses. Le Puy du Fou est sans doute le lieu où cet exercice est le plus exigeant.
Le parc est fondé en 1978 par Philippe de Villiers et s’est construit autour de la Cinéscénie, l’un des plus grands spectacles nocturnes au monde, porté par des milliers de bénévoles venus de la région, les Puyfolais. Au fil des décennies, il est devenu un site majeur, avec des spectacles comme Le Dernier Panache, consacré à un officier vendéen de la guerre d’Indépendance américaine, ou Le Bal des Oiseaux Fantômes, qui met en vol des centaines de rapaces. La maîtrise scénique est réelle et l’engagement de tous ces habitants l’est aussi.
Je connais les idées politiques de la famille de Villiers, qui tient le parc, et je ne les partage pas toutes. Mais je distingue cela de ce qui se joue sur scène et j’aime sincèrement qu’on ait à cœur, ici, de préserver l’histoire de France et son identité. C’est là le détail qui change le regard : le Puy du Fou n’est pas un manuel neutre, c’est une narration choisie et reconnaître qu’on assiste à une mise en scène est précisément ce qui rend la visite intéressante. On regarde le spectacle et on garde son jugement. Nous sommes repartis avec des images plein la tête.
Le parc se prépare parce que les spectacles ont des horaires fixes et qu’on ne peut pas tout voir dans la journée. Je te conseille d’arriver à l’ouverture et de bâtir ton parcours autour des représentations que tu ne veux pas manquer.
📍 Informations et réservations : Le Puy du Fou
Jour 5 — Chenonceau et Blois
Quittant la Vendée pour le Val de Loire, nous passions des décors de l’Histoire à ses lieux réels, là où elle s’est jouée pour de bon.
Le château de Chenonceau, le château des Dames
Chenonceau est un château posé sur une rivière, sa galerie jetée comme un pont au-dessus du Cher. Bâti au XVIᵉ siècle, il fut la demeure de femmes qui ont marqué leur époque, Diane de Poitiers puis Catherine de Médicis, ce qui lui a valu son surnom de château des Dames. On vient pour rencontrer la Renaissance.
Mais, le détail qui m’a le plus arrêtée appartient au XXᵉ siècle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le Cher marquait la ligne de démarcation entre la zone occupée et la zone libre et la galerie du château, qui enjambe la rivière d’une rive à l’autre, a servi de passage clandestin : on entrait en zone occupée par une porte et l’on ressortait en zone libre par l’autre. Ce château que l’on visite pour ses dames de la Renaissance a aussi été, pour des familles et des résistants, une porte de survie. On ne traverse plus la galerie de la même manière quand on sait cela.
Je te conseille d’y prévoir une bonne demi-journée et d’arriver à l’ouverture parce que la galerie et le potager se découvrent autrement dans le calme du matin.
📍 Informations et réservations : Château de Chenonceau
Le château royal de Blois, quatre siècles dans une même cour
Blois a ceci de rare qu’on y lit quatre époques dans une seule cour : l’aile médiévale, l’aile gothique flamboyant de Louis XII, l’aile Renaissance de François Iᵉ avec son escalier en vis ouvragé et l’aile classique de Gaston d’Orléans. Le château se parcourt comme un livre d’architecture dont chaque chapitre serait écrit dans une langue différente.
C’est ici, le 23 décembre 1588, que le duc de Guise fut assassiné sur ordre du roi Henri III, dans ses propres appartements, en plein cœur des guerres de Religion. Ce meurtre politique, commis dans ces murs, a fait basculer le royaume — encore une fois, un drame qui s’est joué dans un lieu précis avant de devenir la grande Histoire. Marie et Thomas ont monté et descendu l’escalier de François Iᵉ plusieurs fois comme on apprivoise un objet trop grand pour soi.
📍 Informations et réservations : Château royal de Blois
Jour 6 — Le ZooParc de Beauval
Le ZooParc de Beauval, un zoo qui se défend d’en être un
Pour qui n’y voit que des enclos, Beauval est un zoo comme un autre. Je ne le regarde pas ainsi. À l’image du parc de Sainte-Croix en Lorraine, Beauval mène un travail de préservation d’espèces en voie de disparition et cela est louable. Fondé en 1980 par Françoise Delord, le parc est devenu l’un des plus importants d’Europe et participe activement à des programmes de reproduction et de réintroduction.
Le détail qui change le regard tient dans les pandas géants, qui font la renommée du lieu. Ils n’appartiennent pas au parc : ils sont prêtés par la Chine, dans le cadre de ce que l’on appelle la diplomatie du panda et un petit né en France doit, par accord, repartir vers la Chine. Le panda n’est donc pas un produit d’appel mais un objet de coopération internationale et de conservation. Notre visite a coïncidé avec un moment précis : la naissance, très médiatisée, du premier bébé panda né en France, à l’été 2017. C’est l’un de ces souvenirs qui s’attachent à une date et qu’on n’oublie pas.
Beauval est vaste et une journée entière n’est pas de trop. Je te conseille d’arriver dès l’ouverture et de commencer par les serres tropicales avant l’affluence parce que les espaces couverts se remplissent vite en milieu de journée.
📍 Informations et réservations : ZooParc de Beauval
Jour 7 — Cheverny et Chambord
Le château de Cheverny, la demeure habitée et le château de Tintin
Cheverny n’est pas un musée, c’est une maison. Habité par la même famille, les Hurault, depuis plus de six siècles, le château a gardé quelque chose de vivant que les monuments figés ont perdu, et sa façade classique du XVIIᵉ siècle, parfaitement symétrique, en impose sans froideur. Les enfants l’ont d’abord reconnu pour une autre raison : Hergé s’en est inspiré pour dessiner le château de Moulinsart dans les aventures de Tintin en en retirant seulement les deux ailes extérieures.
Le moment qui ancre la visite est une tradition tenace : la soupe des chiens, le repas quotidien de la meute de chasse, donné selon un cérémonial qui se perpétue. Voir cette discipline se transmettre, comme tout le reste du domaine, dit assez ce que Cheverny conserve de continuité que peu de châteaux gardent encore.
📍 Informations et réservations : Château de Cheverny
Le château de Chambord, le rêve de pierre d’un roi qui n’y vécut presque jamais
Chambord écrase tout par son échelle. Édifié à partir de 1519 sous François Iᵉ, il déploie ses tours et ses cheminées dans un mélange de tradition française et d’influence italienne. Son escalier à double révolution, dont la conception est attribuée à l’entourage de Léonard de Vinci, permet à deux personnes de monter et descendre sans se croiser. On compte plus de 400 pièces et la salamandre, emblème du roi, court sur des centaines de plafonds.
Malgré cette démesure, François Iᵉ n’y a séjourné que quelques semaines tout au long de son règne. Chambord ne fut presque jamais habité. Ce n’était pas une résidence mais un manifeste de pouvoir, un pavillon de chasse bâti à la dimension d’un symbole royal. Sa grandeur dit moins le confort d’un roi que son besoin d’inscrire sa puissance dans la pierre. Thomas a gravi l’escalier à double révolution en cherchant à apercevoir sa sœur de l’autre côté, sans jamais la croiser et c’est exactement ce que les bâtisseurs avaient prévu.
📍 Informations et réservations : Domaine national de Chambord
Jour 8 — Amboise et le Clos Lucé
Cette journée ne figurait pas dans notre plan de départ. Nous ne voulions pas quitter la Loire sans Amboise et le Clos Lucé et c’est souvent ainsi que les meilleures étapes s’ajoutent.
Le château royal d’Amboise, le balcon de la Loire et la conjuration
Perché sur un éperon qui domine la Loire, Amboise fut une résidence des rois de France du XVᵉ au XIXᵉ siècle et la vue depuis ses terrasses embrasse le fleuve sur des kilomètres. Léonard de Vinci y est inhumé, dans la chapelle Saint-Hubert, un détail qu’on retient d’abord pour la lumière qu’il jette sur le lieu.
Mais Amboise porte aussi une mémoire violente. En 1560, la conjuration d’Amboise, une tentative protestante de s’emparer du jeune roi François II, y fut réprimée dans le sang : les conjurés furent exécutés et leurs corps pendus aux balcons et aux remparts du château, sous les fenêtres de la cour. A quelques pas de la chapelle où repose le génie de la Renaissance, les balustrades ont porté des pendus. La beauté et l’horreur logent dans les mêmes murs et c’est là, encore, qu’un drame local a annoncé les guerres de Religion qui allaient déchirer le royaume.
📍 Informations et réservations : Château royal d’Amboise
Le Clos Lucé, la dernière demeure de Léonard de Vinci
À quelques minutes de marche du château, le Clos Lucé fut la dernière demeure de Léonard de Vinci, invité par François Iᵉ qui l’installa là pour ses trois dernières années. La maison, ses maquettes de machines volantes et de ponts autoportants, son atelier et sa chambre restitués donnent à comprendre le travail quotidien d’un esprit qui ne s’arrêtait jamais.
Cela explique pourquoi une part de l’Italie repose aujourd’hui en France. Vinci a franchi les Alpes à dos de mulet pour rejoindre la cour de France, emportant avec lui trois tableaux, dont la Joconde — c’est ainsi qu’elle se trouve aujourd’hui au Louvre et non à Florence. Les enfants sont restés longtemps devant les maquettes, à comprendre qu’un homme avait imaginé voler quatre siècles avant que cela ne devienne possible.
📍 Informations et réservations : Château du Clos Lucé
Informations pratiques pour organiser ce road-trip
Ce circuit se construit autour de trois points d’ancrage successifs : les environs du Marais poitevin pour les premiers jours, la région du Puy du Fou pour la pause entre deux régions puis le secteur de Blois pour découvrir les châteaux de la Loire, qui sont presque tous à moins d’une heure de route les uns des autres. Je te conseille de chercher ton hébergement autour de Blois pour cette seconde moitié, parce que la position centrale t’évite de défaire et refaire les valises à chaque étape.
Une voiture est indispensable : les distances entre les sites ne se prêtent pas aux transports en commun. Si tu en as la possibilité, privilégie le printemps ou le début de l’automne plutôt que le plein été, parce que les sites sont ouverts et la fréquentation plus mesurée — nous y étions allés en été, et certaines visites auraient gagné à plus de calme. Pour les lieux les plus fréquentés, Beauval et les grands châteaux, réserve à l’avance et choisis systématiquement la première visite du matin.
Côté hébergement, comme mes propres adresses de 2017 ne sont plus disponibles, voici les bases que je te conseillerais aujourd'hui. Pour les premiers jours, installe-toi sur l'axe Niort–La Rochelle, parce qu'il te place à moins d'une heure de chacune des étapes de la côte : Coulon, capitale de la Venise Verte, est le bon choix si tu donnes la priorité au marais ou si tu préfères rayonner depuis la mer, La Rochelle elle-même fait une base tout aussi pratique pour Fort Boyard et l'île de Ré. Pour la journée au Puy du Fou, je te recommande sans hésiter de dormir sur place, dans l'un des six hôtels thématisés de la Cité Nocturne, parce que tu bénéficies alors d'un parking gratuit, d'un accès à pied à l'entrée du parc et, si tu l'as réservée, d'un accès à la Cinéscénie — ce qui change tout quand on veut étaler la visite sur deux jours sans avoir à tout sacrifier. Pour la seconde moitié du voyage, choisis Blois comme camp de base, car presque tous les châteaux sont à moins d'une heure de route et le ZooParc de Beauval à environ quarante-cinq minutes.
Ce premier road-trip est né d’un vide, au sortir d’une année où j’avais tout posé et je n’attendais de lui rien d’autre que de tenir mes enfants occupés pendant quelques jours. De la Charente-Maritime aux châteaux de la Loire, j’ai traversé un pays qui ne cesse de se raconter à lui-même : un fort bâti pour rien et devenu légende, une ville affamée pour avoir voulu rester libre, un parc qui assume sa version de l’Histoire, des châteaux où la France a écrit ses gloires et ses crimes dans les mêmes murs. Apprendre à faire la part entre le spectacle et le fait, entre la pierre et ce qu’elle veut nous faire croire, c’était déjà entrer dans une façon de voyager.
Si tu hésites à emmener tes enfants dans ce genre de voyage parce qu’ils te semblent trop jeunes, je te dirai seulement ceci : ils en gardent plus que tu ne crois et le temps de l’enfance passe plus vite qu’on ne l’imagine. Ce voyage ne m’a pas comblé le vide que je portais ; il m’a appris à le traverser, un pas à la fois, et c’est de là, sans que je le sache encore, qu’allait naître La Voyageuse Bruchoise.
FAQ - Road-trip de la Charente-Maritime aux châteaux de la Loire
Combien de jours faut-il pour ce road-trip de la Charente à la Loire ?
Huit jours permettent de relier la Charente-Maritime, le Puy du Fou et les châteaux de la Loire sans précipitation. En dessous de cinq jours, il faut choisir entre la côte atlantique et le Val de Loire plutôt que de tout enchaîner.
Ce road-trip est-il adapté aux enfants ?
Oui, et c’est même l’un de ses atouts. La variété des étapes — un marais en barque, une excursion en mer, un zoo, des châteaux, des machines de Vinci — maintient l’attention des plus jeunes. Mes enfants avaient sept et neuf ans et chaque journée trouvait de quoi les tenir.
Peut-on visiter Fort Boyard ?
Non. Le fort est fermé au public et les excursions en bateau, au départ de La Rochelle ou de Fouras, permettent seulement d’en faire le tour par la mer. C’est largement suffisant pour qui a grandi avec l’émission.
Le Puy du Fou vaut-il la visite si l’on n’adhère pas à son discours ?
Oui, à condition d’y aller en gardant son esprit critique. Le parc met en scène une certaine lecture de l’Histoire, et c’est justement en assumant ce recul qu’on apprécie la qualité de ses spectacles et l’engagement des milliers de bénévoles qui les portent.
Quels châteaux de la Loire choisir si l’on n’a que deux jours ?
Chenonceau et Chambord d’abord, pour le contraste entre le château posé sur l’eau et le manifeste de pierre de François Iᵉ. Blois ajoute la profondeur historique, Cheverny la continuité d’une maison habitée, Amboise et le Clos Lucé l’empreinte de Léonard de Vinci.
Quand est né le premier bébé panda de France ?
À l’été 2017, au ZooParc de Beauval. Notre visite a coïncidé avec cette naissance très médiatisée, ce qui en a fait une journée à part dans le voyage.
[Mise à jour : juin 2026]































































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