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Croisière sur le Nil : le voyage qui a précédé tous les autres, de Karnak au Caire (Égypte)

20 févr. 2023
14 min de lecture

Dernière mise à jour : 3 juil.

Il y a des voyages qu'on porte en soi avant de les faire. Le mien s'appelait l'Égypte et il portait un nom d'auteur avant de porter un nom de pays : celui de Christian Jacq, dont j'avais dévoré les romans avant même d'avoir l'âge de voyager seule. Quand ma mère m'a proposé, en 2005, de partir toutes les deux sur les traces des pharaons, je n'ai pas hésité une seconde.


Le contexte, pourtant, n'invitait pas franchement au départ. Cette année-là, l'Égypte a connu une série d'attentats meurtriers : au Caire les 7 et 30 avril, faisant quatre morts, puis à Charm el-Cheikh le 23 juillet, dans cette station balnéaire du Sinaï, avec un bilan bien plus lourd. Nous sommes parties malgré tout, en octobre 2005, avec la certitude tranquille que ce voyage-là ne se reportait pas.


À l'atterrissage à Louxor, tout a changé d'un coup. L'avion s'est posé sur une piste qui n'était guère plus qu'une bande de sable tassé et personne autour de moi n'a semblé s'en formaliser. Au-dessus de nos têtes, les fils électriques pendaient en un enchevêtrement dont je n'avais pas idée qu'il pouvait exister. La ville grouillait, dans une chaleur humide qui n'a rien à voir avec celle qu'on connaît en Europe. Ce n'était pas un dépaysement de façade. J'ai voyagé plusieurs fois depuis mais jamais plus hors d'Europe : ce séjour égyptien reste, à ce jour, mon unique incursion hors du continent.


Felouque sur le Nil en Egypte
Le Nil | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 1 — Karnak, l'entrée dans l'Égypte antique


Depuis l'aéroport de Louxor, récemment agrandi pour absorber un trafic touristique croissant, un bus nous conduit jusqu'à notre bateau, amarré sur le Nil à une dizaine de kilomètres de là. Il s'appelle le Mojito. Personne, à bord, ne semble s'en amuser autant que moi.


L'après-midi même, première visite : le complexe de Karnak s'étend sur plus de deux kilomètres carrés, ce qui en fait le plus vaste ensemble religieux jamais construit dans l'Antiquité. Il s'est développé pendant plus de deux mille ans, sous des dizaines de pharaons successifs, et compte trois enceintes, chacune dédiée à l'une des divinités de la triade thébaine : Amon-Rê, son épouse Mout, et leur fils Khonsou, dieu de la lune. En dehors des murailles se dressent d'autres édifices, comme le temple d'Osiris ou celui de Thoutmôsis Ier. Karnak était relié au temple de Louxor par l'allée des sphinx, longue de près de trois kilomètres et le site est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1979.


Ce qui change la lecture du lieu, c'est qu'on ne voit presque rien de tout cela. Seule l'enceinte d'Amon-Rê se visite aujourd'hui ; les deux autres restent fermées au public. Ce que je découvre, en déambulant entre les colonnes et en essayant de deviner le sens d'un hiéroglyphe, n'est donc qu'un tiers du plus grand sanctuaire jamais bâti par les Égyptiens. Je reste presque trois heures à marcher dans cette moitié de ville sacrée et je repars avec la certitude que l'Égypte ne se donne jamais tout entière.


Temple de Karnak en Egypte
Le complexe religieux de Karnak | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 2 — Les temples d'Edfou et de Kom Ombo


Le bateau prend la route du fleuve, en direction de l'écluse d'Esna puis d'Edfou. Sur le pont, l'ambiance de croisière fait son travail : les hôtes du Mojito finissent par se connaître.


Edfou, le temple d'Horus le mieux conservé d'Égypte


C'est en calèche que nous rejoignons le site. Notre cocher s'élance à vive allure en lançant, à plusieurs reprises, un « Chauffe Marcel » qui me fait sourire encore aujourd'hui. Le temple est dédié à Horus, fils d'Osiris et d'Isis, l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Construit entre 237 et 57 avant J.-C., en grès, il est l'un des mieux préservés d'Égypte, juste après Karnak.


Après le grand pylône, nous entrons dans une cour bordée de colonnes sur trois côtés, où les parois détaillent le culte quotidien rendu à Horus et les grandes fêtes annuelles. Nous traversons une première salle hypostyle — un espace fermé dont le plafond repose sur des colonnes — puis une seconde. À mesure qu'on avance, le sol se relève, le plafond s'abaisse et la lumière décroît, jusqu'à la salle des offrandes puis le naos, où trônait l'effigie d'Horus, qui recevait des offrandes trois fois par jour. Ce n'est pas un hasard architectural : le bâtisseur voulait qu'on ressente, physiquement, l'approche du sacré.


Le temple d'Edfou
Le temple d'Edfou | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Kom Ombo, le temple à deux dieux


Nous naviguons ensuite vers Kom Ombo, où le temple présente un fait rare : il est dédié à deux divinités vénérées sur un pied d'égalité, Sobek et Haroëris. Sobek, maître des eaux chargé d'irriguer les champs, est représenté avec une tête de crocodile — l'animal était sacré et sa présence dans le Nil annonçait une crue favorable. Haroëris, de son côté, veillait à ce que le soleil et la lune ne se croisent jamais.


Construit au début du IIe siècle, selon un plan proche de celui d'Edfou, le temple a beaucoup souffert de l'érosion due à la proximité du Nil et de plusieurs tremblements de terre. Le clou de la visite reste la momie d'un crocodile, offrande au dieu Sobek — la toute première que je voyais de ma vie. Je me souviens surtout de la chaleur, proche des 50 degrés, sans le moindre coin d'ombre où s'abriter.


Temple de Kom Ombo en Egypte
Le temple de Kom Ombo | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 3 — L'île de Philae et le temple d'Isis


Ma place préférée sur le bateau est la terrasse panoramique. Nous avons déjà parcouru plus de 180 kilomètres depuis Louxor lorsque nous partons à la découverte du temple de la plus célèbre déesse égyptienne.


Dans les années 1970, l'île de Philae a été submergée par les eaux à la suite de la construction du haut barrage d'Assouan et le temple d'Isis a été déplacé sur l'île voisine d'Agilkia, pierre après pierre. C'est ce déplacement, plus encore que le temple lui-même, qui change la façon dont on regarde le site : ce qu'on visite n'est pas Philae, mais une reconstitution fidèle de Philae, à quelques centaines de mètres de son emplacement d'origine.


Temple de Philae en Egypte
Le temple d'Isis | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Isis, dans la mythologie, est le fruit de l'union entre Geb, dieu de la Terre, et Nout, déesse du ciel. Connue pour sa magie et sa protection des défunts, elle exerçait sa puissance dans la vie quotidienne comme dans l'au-delà. Nous arrivons en bateau à moteur et découvrons l'entrée du temple, mon endroit préféré du site, avant de croiser d'autres monuments sur l'île — la chapelle d'Hathor, le temple d'Horus mais aussi des constructions romaines comme le kiosque de Trajan ou le temple d'Auguste.


Le soir venu, nous y retournons pour le spectacle son et lumière. Je te conseille d'y aller malgré le supplément demandé : à la nuit tombée, le site prend une tout autre dimension. Je garde en mémoire le conseil de notre guide, Amir : dès qu'on entend le mot « Champollion » dans le récit, il est temps de se lever et de rejoindre le bateau pour éviter la cohue de touristes qui se précipite à la sortie.


Le kiosque de Trajan en Egypte
Le kiosque de Trajan | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 4 — Abou Simbel


Nouvelle nuit courte sur le Nil : nous partons vers 3 heures du matin en bus pour rejoindre Abou Simbel. L'idéal est d'arriver aux premières lueurs du jour avant les vols touristiques de la journée et avant que la chaleur ne devienne écrasante.


Vers 1260 avant J.-C., le pharaon Ramsès II fit construire deux temples pour commémorer sa victoire à la bataille de Qadesh. Le grand temple, taillé dans la roche de la colline de Méha, est voué au culte d'Amon, de Rê, de Ptah et de Ramsès II déifié ; sa façade porte quatre statues colossales du pharaon. Deux fois par an, les 21 février et 21 octobre, les rayons du soleil levant illuminaient trois des quatre statues du naos — celles d'Amon, de Rê et de Ramsès — tandis que la quatrième, celle de Ptah, dieu des ténèbres, devait rester dans la pénombre. Le petit temple, construit à quelques mètres, est voué au culte de Néfertari, déifiée sous les traits d'Hathor.


À la suite de la construction du haut barrage d'Assouan, entre 1964 et 1968, l'ensemble du site a été découpé en blocs, démonté puis déplacé soixante-cinq mètres plus haut et deux cents mètres en retrait du fleuve. Ce que je regarde, là encore, n'est pas exactement ce que Ramsès II a fait construire : c'est ce que des ingénieurs du XXe siècle ont réussi à sauver.


Temple d'Abou Simbel en Egypte
Le temple de Ramsès II, site d'Abou Simbel | 2005 | La voyageuse bruchoise©

L'après-midi, notre guide nous emmène en felouque sur le Nil, à la recherche de crocodiles; sans succès. Nous nous arrêtons dans un village nubien, Gharb Soheil, dont les habitants sont connus dans tout le pays pour avoir apprivoisé les crocodiles du Nil. Capturés à la naissance, gardés dans les maisons, ils sont relâchés dans le lac Nasser vers l'âge de 20 ans, une fois devenus trop grands pour leur enclos. J'ai tenu, quelques minutes, un bébé crocodile au creux de mes mains. C'est l'une des expériences qui m'a le plus marquée de toute ma vie.


Bébé crocodile
Bébé crocodile | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 5 — Retour vers Louxor


Une journée entière sur le Nil pour regagner Louxor et je ne m'en plains pas. Je me repose sur la terrasse panoramique, en regardant défiler l'un des fleuves les plus célèbres du monde et j'imagine la vie sur ces berges à l'époque des pharaons. C'est là, je crois, que j'ai compris que les plus beaux voyages sont ceux où l'on prend le temps de s'imprégner d'un lieu, plutôt que de l'accumuler.


Au fil du Nil à Louxor
Au fil du Nil | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 6 — Le temple de Louxor


Notre guide Amir, chrétien copte, nous propose une visite hors des sentiers battus : une église copte de Louxor. De nombreuses icônes ornent les murs ; nous prenons place sur des bancs en bois. Nous sommes alors à quelques mois seulement des attentats du printemps et de l'été 2005, et cette proximité dans le temps donne à la visite un poids particulier. Avec le recul, et avec ce que la France a elle-même connu depuis, je ne crois plus qu'il existe des endroits plus sûrs que d'autres — seulement des endroits où l'on choisit, malgré tout, de continuer à vivre normalement.


En fin de journée, nous découvrons le temple de Louxor, voué au culte du dieu Amon, dont les plus anciennes parties ont été construites par Amenhotep III puis Ramsès II. À l'époque romaine, il fut partiellement transformé en camp militaire. À l'entrée, un seul obélisque accueille le visiteur : les deux obélisques avaient été offerts à la France par Méhémet Ali en 1831 ; le 26 septembre 1981, le président François Mitterrand a officiellement renoncé à prendre possession du second, resté sur place et en a restitué la propriété à l'Égypte. Celui qui trône aujourd'hui place de la Concorde à Paris a donc un frère, resté chez lui.


Le soir, nous assistons au spectacle son et lumière du temple. Le jeu de lumières met en valeur l'édifice d'une façon que la visite de jour ne permet pas et je te conseille de le voir pour cette seule raison.


Temple de Louxor en Egypte
Le temple de Louxor | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 7 — La vallée des Rois et la vallée des Reines


Dans la tradition thébaine — Thèbes est le nom antique de Louxor — la rive est était celle des vivants, la rive ouest celle des morts. Nous prenons donc la route de la rive ouest.


La vallée des Rois abrite les tombeaux de l'ensemble des pharaons du Nouvel Empire, à l'exception d'Akhenaton, seul pharaon monothéiste d'Égypte. J'espérais voir les tombeaux de Ramsès II — mon pharaon préféré — et de Séti Ier, son père : ils étaient fermés au public ce jour-là. J'ai pu en revanche pénétrer dans celui de Merenptah, treizième fils de Ramsès II et de Néfertari, qui succéda à son père et régna une dizaine d'années. Les tombeaux de Toutankhamon et de Séti Ier restent accessibles moyennant un supplément. Je n'ai pour ma part pas osé descendre dans celui de Toutankhamon, découvert le 4 novembre 1922 par l'égyptologue britannique Howard Carter : la légende d'une malédiction poursuivant les étrangers ayant violé sa tombe m'a suffisamment marquée pour que je préfère ne pas vérifier.


Vallée des rois en Egypte
La Vallée des rois | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Au sud se trouve la vallée des Reines où repose Néfertari. Mais la figure qui domine ce lieu est Hatchepsout, reine devenue pharaon, dont le temple funéraire compte trois terrasses et des peintures d'une conservation rare. Huit ans avant notre passage, le 17 novembre 1997, une soixantaine de personnes avaient été tuées à cet endroit dans un attentat visant des touristes. Je n'ai pas pu m'empêcher d'y penser en approchant du temple.


Avant de regagner le bateau, dernier arrêt aux colosses de Memnon, derniers vestiges du temple d'Amenhotep III. Un séisme, en l'an 27 avant J.-C., a fissuré l'un des deux colosses. Depuis, selon une légende locale, la statue se met à « chanter » au lever du soleil.


Temple funéraire d'Hatchepsout
Le temple funéraire d'Hatchepsout | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jours 8 et 9 — Hurghada


Deux jours de pause dans cette station balnéaire de la mer Rouge. Pour être honnête, ce n'est pas la partie du voyage que j'ai préférée : Hurghada vit essentiellement du tourisme de masse et cela se sent dans l'organisation de la ville. J'ai en revanche adoré me baigner dans une mer chaude et limpide, l'un des sites les plus réputés au monde pour la plongée.


Hurghada en Egypte
Notre hôtel à Hurghada | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jour 10 — Alexandrie


À deux heures et demie du Caire, il aurait été dommage de ne pas pousser jusqu'à Alexandrie. Je dois avouer, sans détour, que la ville méditerranéenne que nous découvrons ne m'a pas séduite autant que je l'espérais : un peu d'allure marseillaise, sans le charme que j'y attendais.


Premier arrêt au fort Qaitbay, forteresse défensive du XVe siècle édifiée sur le site de l'ancien phare d'Alexandrie, qui a guidé les marins pendant près de dix-sept siècles, du IIIe siècle avant J.-C. au XIVe siècle. Les tremblements de terre survenus entre le IVe et le XIVe siècle l'ont peu à peu endommagé, jusqu'à sa destruction quasi totale en 1303. Le phare d'Alexandrie comptait parmi les Sept Merveilles du monde antique. Comme la plupart des visiteurs français, nous avons fredonné la chanson que Claude François a consacrée à la ville, sous le regard un peu surpris des autres touristes.


Fort Qaitbay en Egypte
Le fort Qait Bay | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Second arrêt à la bibliothèque d'Alexandrie, fondée en 288 avant J.-C. et détruite entre 48 avant J.-C. et 642 après J.-C., qui fut la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité — jusqu'à 700 000 ouvrages y auraient été réunis à l'époque de César. La version moderne, que nous visitons, est la plus grande bibliothèque que j'aie jamais parcourue mais elle a perdu quelque chose de l'âme de celle qu'elle prolonge.


Bibliothèque d'Alexandrie
La bibliothèque d'Alexandrie | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Jours 11 et 12 — Le Caire


Le plateau de Gizeh et la mosquée Mohammed Ali


Sur le plateau de Gizeh, à 25 kilomètres du Caire, se trouvent les pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos, gardées par le Sphinx, taillé dans une roche calcaire de 40 mètres de hauteur. Les pyramides abritaient une ou plusieurs chambres reliées par des couloirs, destinées à aider les défunts dans leur ascension vers le soleil. La pyramide de Khéops, la plus grande des trois, fait partie des Sept Merveilles du monde antique et est classée au patrimoine mondial de l'humanité. C'est là que j'ai fait ma première promenade à dos de dromadaire.


Plateau de Gizeh en Egypte
Le plateau de Gizeh | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Sur le chemin du retour, nous visitons la mosquée Mohammed Ali, construite entre 1830 et 1848 par le vice-roi Muhammad Ali Pacha, largement inspirée de la culture ottomane et de la mosquée bleue d'Istanbul. En son cœur trône une horloge monumentale, offerte en 1836 par le roi des Français Louis-Philippe Ier pour remercier l'Égypte d'avoir cédé l'obélisque de Louxor, aujourd'hui place de la Concorde à Paris. Le geste répond, à un siècle et demi de distance, à celui que nous avions découvert quelques jours plus tôt devant le temple de Louxor.


Un souci d'hôtel nous a valu un surclassement de dernière minute vers un Hilton donnant sur le golf de l'établissement avec en fond les pyramides de Gizeh, le plus bel hôtel où j'aie jamais séjourné.


Mosquée
La mosquée Mohammed Ali | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Memphis, Saqqarah et le musée égyptien du Caire


À une dizaine de kilomètres au sud du Caire se trouve le site de Memphis, ancienne capitale de l'Égypte antique, fondée par le roi Ménès vers 3000 avant J.-C., à l'entrée stratégique du delta du Nil. Il n'en reste presque rien, si ce n'est le colosse de Ramsès II, retrouvé en 1820, long de dix mètres et exposé couché, parce que sa moitié inférieure, jamais retrouvée, empêche de le redresser.


Colosse de Ramsès II en Egypte
Le colosse de Ramsès II à Memphis | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Nous rejoignons ensuite la nécropole de Saqqarah, où tombes royales et sépultures plus modestes se côtoient, offrant de nombreux témoignages sur la vie quotidienne de l'Égypte ancienne. La première pyramide y a été édifiée par Imhotep, architecte du pharaon Djéser, vers 2600 avant J.-C. : c'est le premier édifice en pierre d'Égypte, et probablement le premier tombeau de forme pyramidale. J'ai eu la chance d'y entrer juste avant sa longue restauration, menée de 2006 à 2020.


Pyramide de Djeser en Egypte
La pyramide de Djeser | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Le voyage touche à sa fin avec la visite du musée égyptien du Caire, construit sur les plans de l'architecte français Marcel Dourgnon, qui rassemble plus de 160 000 objets. La pièce maîtresse en est le trésor de Toutânkhamon — la chambre funéraire, le sarcophage intérieur, le masque funéraire en or que tous les élèves croisent un jour dans un livre d'histoire.


Le vrai sommet du voyage se trouve pourtant au premier étage, dans la salle des momies royales, moyennant un supplément. La plupart des autres voyageurs du groupe n'ont pas voulu payer ce supplément. Ma mère et moi nous y sommes retrouvées seules, une dizaine de minutes, face à des monarques dont je connaissais les noms depuis l'enfance : Ramsès II, Thoutmôsis Ier, Amenhotep III. J'ai longuement observé le visage de Ramsès II, mon pharaon préféré, en me demandant, sans trop y croire mais pas tout à fait non plus, si je ne l'avais pas déjà connu dans une autre vie. Debout devant ces grands d'Égypte antique, si petite dans mon présent d'alors, j'ai eu la sensation très nette de me tenir face à quelque chose que je reconnaissais.

Le soir, dernier spectacle son et lumière du séjour, sur le plateau de Gizeh.


Folkore égyptien
Départ en fanfare | 2005 | La voyageuse bruchoise©

Ce que ce voyage en Egypte m'a appris


Je me souviens de ce silence, dans la salle des momies royales, alors que ma mère et moi étions seules face à Ramsès II, Thoutmôsis Ier et Amenhotep III. J'ai observé longuement le visage de mon pharaon préféré, en me demandant si je ne l'avais pas déjà connu dans une autre vie. Ce n'est pas un hasard si ce voyage reste, dix-sept ans après et malgré tous ceux qui ont suivi, le seul que j'aie fait hors d'Europe : il n'y avait nulle part ailleurs où aller en premier.


L'Égypte n'est pas un pays qu'on visite. C'est un pays qui vous fait remonter le temps jusqu'à une version de vous-même que vous ne connaissiez pas.


FAQ - Un voyage en Égypte, entre Louxor et Le Caire


Combien de temps faut-il prévoir pour un voyage complet en Égypte ? 

Une dizaine à une douzaine de jours permettent de relier Louxor, Assouan, Abou Simbel, Le Caire et Alexandrie sans précipitation. En dessous, il faut choisir entre la croisière sur le Nil et Le Caire.


Faut-il réserver les spectacles son et lumière à l'avance ? 

Ce n'est pas indispensable en dehors des périodes de très forte affluence, mais je te conseille de vérifier les horaires sur les sites officiels avant de partir : ils varient selon la saison.


Peut-on visiter la salle des momies royales du musée égyptien du Caire ? 

Oui, moyennant un supplément d'entrée distinct du billet du musée. C'est, à mon sens, la visite la plus forte de tout un séjour au Caire.


Les tombeaux de Toutankhamon et de Séti Ier sont-ils toujours accessibles ? 

Ils le sont, en général, moyennant un supplément, mais l'accès dépend des campagnes de restauration en cours : je te conseille de vérifier avant ton départ.


Quelle est la meilleure période pour partir en Égypte ? 

L'automne et le printemps, pour éviter les fortes chaleurs de l'été, en particulier à Kom Ombo et à Abou Simbel où l'ombre manque cruellement en milieu de journée.


Le village nubien de Gharb Soheil se visite-t-il facilement depuis Abou Simbel ? 

Oui, en felouque, dans le cadre d'une excursion sur le Nil. C'est un des rares endroits où l'on peut observer la relation particulière que les habitants entretiennent avec les crocodiles du Nil.


[Mise à jour : juillet 2026]

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Photo de la voyageuse bruchoise

Qui est la Voyageuse Bruchoise ?

Je m'appelle Priscilia. Je suis née dans la Vallée de la Bruche et la généalogie m'a appris à ne plus regarder les lieux comme de simples décors. J'y cherche ce qu'ils ont traversé, ce qu'ils ont gardé et ce qu'ils révèlent encore de ceux qui y ont vécu.

L'Escale est ma lettre mensuelle, un rendez-vous où je partage avec toi les coulisses de mes découvertes, les lieux qui m'arrêtent en chemin, mes projets en cours et des histoires inédites que tu ne trouveras pas sur le blog.


Le premier numéro est paru en juillet 2026. Si l'aventure te tente, laisse simplement ton adresse e-mail ci-dessous et rejoins-moi dès la prochaine escale.

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