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Week-end à Metz : cathédrale et quartiers médiévaux (Moselle)

  • 17 mai
  • 15 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 juin

Il y a des villes que l'on met longtemps à visiter parce qu'elles ne s'imposent pas, parce que personne autour de vous n'en parle vraiment ou parce qu'elles ne figurent pas dans les premières réponses quand on demande où passer un week-end et Metz appartient à cette catégorie, même pour quelqu'un comme moi qui vit à moins de deux heures et qui aurait donc toutes les raisons de l'avoir faite depuis longtemps.

Nous sommes partis un jeudi matin de mai, mon mari et moi, dans l'état de fatigue que ceux qui travaillent avec des humains reconnaîtront : ce besoin précis de ne plus être disponible, de ne plus répondre à quoi que ce soit et de laisser le système nerveux reprendre souffle quelque part où personne ne nous attend. Au col du Hantz, j'ai regardé par la vitre les cimes des sapins disparaître dans la brume matinale en me disant que mon mental ressemblait exactement à ça et que prendre de la hauteur, juste le temps d'un week-end prolongé, était devenu nécessaire.


Metz n'était pas dans la liste des destinations de rêve. Elle n'est pas dans celle de la plupart des gens. C'est un tort.


De Divodurum, la capitale de l'Austrasie à la ville moderne de Metz


Le Musée de la Cour d'Or, une belle introduction à la découverte de Metz


Le musée est entièrement gratuit, ce qui est déjà suffisamment rare pour être dit d'emblée parce que ça change quelque chose dans la façon d'entrer, sans la pression de rentabiliser le billet, sans le sentiment diffus de devoir en voir suffisamment pour justifier le tarif et parce que ce que l'on trouve à l'intérieur est d'une richesse qui rendrait la gratuité presque improbable si on ne l'avait pas vérifiée soi-même.


Le musée emprunte son nom au palais des rois d'Austrasie dont il occupe le site présumé sur la colline Sainte-Croix, et c'est là que commence la série de choses que j'ignorais sur Metz. J’ignorais que la ville s'était appelée Divodurum Mediomatricorum — la cité des dieux des Médiomatriques. J’ignorais qu'elle avait compté parmi les plus grandes villes de Gaule romaine. Et surtout, j’ignorais qu'elle avait été au VIe siècle la capitale de l'Austrasie, ce royaume mérovingien qui préfigure l'ordre carolingien et dont, pour ma part, je n’avais aucune connaissance avant d'entrer dans ce musée.


Ce qui m'a arrêtée le plus longtemps, c'est le sous-sol : les thermes antiques, découverts en 1934 et conservés in situ, avec leur marbre encore visible, leurs mosaïques au sol et leurs petites baignoires de cinq à six personnes. Ces thermes-là n'avaient pas les grands bassins collectifs du bord méditerranéen, ils avaient une logique différente et étaient alimentés en eau depuis Gorze par un aqueduc de vingt-sept kilomètres dont on voit encore deux sections aériennes à Jouy-aux-Arches et à Ars-sur-Moselle.


Je suis restée un moment dans cette lumière basse à mesurer la longueur absurde du temps humain et le fait que des gens ont marché à cet endroit précis des siècles avant moi. C'est toujours ça qui se produit devant les traces de l'Antiquité : je ne ressens pas une émotion, au sens vague, mais un vertige de proportions et une humilité croissante qui fait que plus je visite, plus je mesure l'étendue de ce que j'ignorais. Il y a toujours beaucoup plus à apprendre qu'on ne le croit et ce musée en est une démonstration parfaite.


Je te conseille de prévoir au minimum deux heures, de commencer par les thermes au sous-sol pour que le parcours remonte dans le temps plutôt que de le descendre. Ne rate pas le chancel de Saint-Pierre-aux-Nonnains, l'un des plus beaux ensembles de sculpture mérovingienne d'Europe, selon les spécialistes, et ils ont raison.


📍 Découvre le Musée de la Cour d'Or



Délices Veggies, un restaurant ambassadeur des producteurs locaux


Pour la pause déjeuner, j’ai choisi un restaurant végétarien : Délices Veggie. L’accueil fut chaleureux. J’ai commandé un wrap aux falafels et une mousse au chocolat avec une pincée de noix de coco. Je suis taureau, le repas a de l'importance et celui-là était parfait ! La maison a le souhait de mettre en avant des producteurs locaux et de magnifier leurs produits. Tout ce que j’aime !


La gérante, très sympatique, a pris le temps de discuter avec nous à la fin du repas. Nous avons parlé de ce qu'on cherche quand on décide de faire quelque chose de ses mains et de son engagement mais aussi de ce que signifie choisir un métier qui a du sens même quand il est difficile. Je trouve que c'est ce genre de conversation inattendue qui distingue un excellent déjeuner d'un bon repas.


Wrap aux falafels - Délices Veggies
Wrap aux falafels - Délices Veggies

La cathédrale Saint-Etienne, la lanterne du Bon Dieu


Je ne m’attendais pas à ça en arrivant sur la place de la Cathédrale. Je lève les yeux et la hauteur de l’édifice m’a prise par surprise : quarante-deux mètres de voûte, la troisième nef la plus haute de France après Beauvais et Amiens, construite en pierre de Jaumont, ce calcaire doré local qui donne à l'ensemble une couleur d'ambre pâle que je n'avais vue sur aucune autre cathédrale et qui change selon la lumière du jour au point qu'on a du mal à imaginer qu'il s'agit de la même pierre.


Ce qui distingue Saint-Étienne de Metz de toutes les cathédrales gothiques que j'ai visitées, c'est la lumière. Avec ses 6 500 mètres carrés de vitraux, c’est la plus grande surface vitrée gothique d'Europe. Des verrières du XIIIe siècle coexistent avec les vitraux de Marc Chagall installés entre 1958 et 1970, ses bleus surnaturels et ses scènes de l'Ancien Testament ne cherchent pas à imiter ce qui existait déjà mais qui trouvent néanmoins leur place dans ce cadre gothique avec une cohérence que j'ai trouvée, à ma propre surprise, assez juste.


Ceci étant, ce qui m'agace dans les cathédrales et celle-ci ne fait pas exception, c'est le bruit des visiteurs qui parlent fort, qui éclatent de rire dans les allées comme s'ils étaient dans une rue commerçante, indifférents à ceux qui sont là pour prier. Un lieu de culte reste un lieu de culte même quand on le visite en qualité de touriste et que cette évidence élémentaire semble de plus en plus difficile à comprendre par les visiteurs. Cela gâche la magie du lieu !



La vieille ville : de la place d'armes à la porte des Allemands


La vieille ville messine se parcourt à pied parce que c'est dans la déambulation qu'elle révèle ses petits secrets — une rue médiévale qui débouche sur une place Renaissance, une façade baroque qui jouxte un immeuble du XIXe siècle ou une église romane entre deux bâtiments wilhelmiens.


La place Saint-Louis, avec ses arcades du XIVe siècle, est l'une des plus belles places de ce type que j'aie vues en France. Elle est vivante, avec des commerces qui continuent sous les voûtes sans que personne n'ait jugé utile d'en faire un décor de carte postale.


La porte des Allemands, sur la Seille, mérite qu'on s'y arrête, parce que sa vue sur la rivière illustre exactement ce que je reconnais dans l'architecture germanique : le sens du lieu, la capacité à poser un bâtiment dans son environnement en intégrant le paysage comme une donnée de conception à part entière plutôt que comme un arrière-plan.


Notre-Dame-de-l'Assomption, les détails que l'oeil non averti ne voit pas


C'est dans cette église que s'est produit l'un des moments les plus inattendus de mon séjour : un homme — un passionné d'histoire, manifestement bien informé sur le lieu — nous a abordés et a commencé à nous parler des vitraux, des éléments architecturaux atypiques et des détails que l'œil non averti ne voit pas mais qui changent complètement la lecture du bâtiment. Il nous a donné, gratuitement, en une demi-heure, une visite que nous n'aurions jamais construite seuls avec un guide.


En ces lieux, le roi Louis XV, tombé gravement malade à Metz en 1744, reçut ici le surnom de “Bien aimé” et cent ans plus tard, le poète Paul Verlaine y fut baptisé.

Ce type de rencontre ne se programme pas et c'est précisément pourquoi il faut ralentir dans les lieux de culte — y entrer sans but précis, observer le lieu dans le silence, ne pas consulter son téléphone — parce que les passionnés se manifestent aux gens qui ont l'air disponibles.


La pause de l'après-midi au Fox Coffee


Je l’ai dis plus haut, je suis taureau et je ne voyage pas sans goûter. C'est une constante que mon mari a acceptée depuis longtemps. Le Fox Coffee est agréable quoi qu’un peu bruyant pour moi. Je préfère les coffee shops où on peut s'installer dans un cadre plus intimiste mais la pause était sympatique néanmoins.



Le quartier impérial, ce que les Allemands ont construit lors de l'annexion


Entre 1871 et 1918, l'Alsace et la Moselle appartiennent à l'Empire allemand et Guillaume II décide de faire de Metz une vitrine de la puissance germanique en commandant un quartier entier conçu pour germaniser l'espace urbain — aujourd'hui appelé le quartier impérial. Inaugurée en 1908, la pièce maîtresse est la gare, confiée à l'architecte berlinois Jürgen Kröger. Longue de 300 mètres, avec ses sculptures et ses vitraux, elle célèbre la grandeur du Reich dans un style néo-roman rhénan. C’est clairement l'une des plus belles gares de France.


La tension que certains éprouvent devant ce quartier, construit durant l’annexion de la Moselle par les Allemands, ne me traverse pas de la même façon parce que je vis en Alsace et que l'architecture allemande fait partie de mon paysage familier depuis l'enfance. Je trouve que ces bâtiments sont fonctionnels mais aussi pensés pour durer et pour s'inscrire dans leur territoire avec un souci du détail dans l'ornementation que je ne retrouve pas dans l'architecture contemporaine.


Ce quartier, avec la Neustadt de Strasbourg qui est de plus grande taille, est l'exemple le mieux conservé d'urbanisme wilhelmien en Europe; il a même été proposé à l'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco en 2007. Je te recommande une heure à pied dans ses avenues en levant les yeux sur les façades plutôt qu'en regardant le sol.



Le café Bondel et la découverte de l'amphithéâtre gallo-romain


En fin de journée, j’ai pris l’apéritif au café Bondel près de la cathédrale où j’ai lié une brève conversation avec un couple de Messins. C'est là que le monsieur m’a dit une chose qui a changé ma lecture du lendemain : sous le parvis du Centre Pompidou-Metz dort le plus grand amphithéâtre de Gaule romaine, découvert par les Allemands en 1902 lors des travaux de la gare impériale, documenté avec précision, puis recouvert de terre pour le préserver, si bien que lorsque le Centre Pompidou a été construit, les architectes ont utilisé les plans allemands pour forer les fondations sans détruire les vestiges. De petits poteaux au sol matérialisent aujourd'hui l'ellipse de l'arène sur le parvis que la plupart des visiteurs traversent sans le savoir.


L'édifice mesurait 158 mètres de long pour 124 mètres de large. Il était capable d'accueillir 25 000 personnes, ce qui en fait le troisième plus grand du monde romain après le Colisée et celui de Capoue. Il y a quelque chose d'ironique dans cette séquence : les Allemands qui découvrent l'amphithéâtre romain en construisant leur quartier impérial et qui le préservent mieux que quiconque.


Aux Merveilleux de Fred, le luxe sans le service


Pour le dessert du soir à l'appartement, j’ai acheté des gourmandises venant de la boutique “Aux Merveilleux de Fred  — cette pâtisserie lilloise qui s'exporte et que je ne rate pas quand l'occasion se présente. Le lieu inspire le luxe et pourtant les vendeuses n'avaient pas les codes pour travailler dans ce type de boutique. Il n’y a pas eu d'impolitesse, non, mais une communication mécanique qui contredisait l'univers du lieu. Dans une enseigne de ce niveau, il me semble que l'expérience client fait partie du produit et qu'elle s'apprend, ce qui suppose que les enseignes concernées choisissent de former leurs collaborateurs à l’accueil chaleureux des clients.


Vue sur la ville de Metz

Metz, une ville à l’histoire contemporaine riche


Le Centre Pompidou-Metz, une expérience surprenante


Il faut bien être honnête : je ne suis pas fan d'art contemporain et cette visite ne m'a pas convertie. Certaines œuvres m'ont semblé relever d'une provocation sans fond, comme la banane jaune scotchée sur un mur blanc ou les trois traits de crayon sur une toile immaculée qui se vendent à des sommes que je préfère ne pas citer, et d'autres étaient très borderline sur la violence ou la sexualité, sans suffisamment de contexte fourni pour que je comprenne ce que l'artiste cherchait vraiment, ce qui est précisément le problème d'une médiation insuffisante.


Le bâtiment de Shigeru Ban est cohérent avec ses collections en ce sens qu'il revendique lui aussi une rupture, ce que je comprends comme logique défendable mais qui ne correspond pas à ce que j'aime dans l'architecture : j'aime l'ancien, la pierre qui a une histoire, les bâtiments pensés pour s'inscrire dans un lieu et dans la durée. Je trouve que les architectes d'avant construisaient avec une intelligence du territoire que nous avons perdue au profit de bâtiments modernes, moins fonctionnels et paradoxalement moins écologiques.


Cela dit : je ne regrette pas d'y être allée visite le Centre Pompidou parce qu'une expérience qui vous résiste est aussi une expérience qui vous oblige à formuler ce que vous aimez. A mon sens, deux heures suffisent amplement pour découvrir le lieu et ses collections.


📍 Découvre le Centre Pompidou-Metz



Le Jardin Suspendu, un univers atypique et une cuisine conviviale


A midi, j’ai choisi Le Jardin Suspendu pour le déjeuner. J’y ai commandé un burger végétarien et une part de cake au citron, dans un lieu qui a — comme le Délices Veggies la veille — un point de vue assumé sur ce qu'il veut être et une personnalité distincte de la première adresse malgré une clientèle et un positionnement comparables.


Ce week-end m'a confirmé quelque chose que je pressens depuis quelques années dans mes expériences de restauration : l'univers d'un lieu compte autant que la qualité de l'assiette et ce n'est pas une question de décoration.


Les îles et l'esplanade, l'âme de Metz


Après le déjeuner, j’ai profité d’une balade digestive pour découvrir les îles qui donnent à Metz une qualité rare dans une ville de cette taille avec la présence permanente de l'eau, qui ralentit naturellement le pas et change le rapport à l'espace. Le Temple Neuf, construit entre 1901 et 1904 sur l'île du Petit Saulcy dans un style néo-roman, se pose avec grâce sur la rivière et la vue depuis le moyen pont mérite qu'on s'arrête.


L'église Saint-Pierre-aux-Nonnains est l'un des plus anciens monuments religieux de France, dont les murs remontent à l'époque romaine tardive — une information que la plupart des visiteurs n'ont pas en entrant et qui change complètement la lecture du bâtiment. On ne regarde pas de la même façon une église du VIIe siècle et une église du XIIe siècle, même quand elles sont rénovées de façon similaire.


Plus loin, la chapelle des Templiers, la citadelle, l'Arsenal : le quartier est un palimpseste de décisions militaires et religieuses superposées sur dix siècles et on peut le traverser sans jamais avoir l'impression d'en avoir fait le tour.


Entre-sort, un goûter gourmand dans un univers magique


Avant d’attaquer la dernière visite de la journée, je déguste un kombucha local et une part de gâteau à l'Entre-sort. Chez moi, la règle du goûter ne souffre pas d'exception. Je ferai la même remarque que pour le Fox Coffee la veille : l'adresse est agréable avec un univers atypique mais l’ambiance est un peu bruyante à mon goût. J’ai tout de même pris plaisir à savourer cette pause.



La maison de Robert Schumann, le père de l'Europe


Robert Schuman est né en 1886 à Clausen, au Luxembourg, d'un père mosellan et d'une mère luxembourgeoise. Il devient avocat en 1912, député de la Moselle dès 1919, puis ministre des Affaires étrangères à partir de 1948. C’est dans cette maison de Scy-Chazelles, qui surplombe la vallée de la Moselle à quelques kilomètres de Metz, qu'il a rédigé en avril 1950 ce qu'on appelle désormais la Déclaration du 9 mai, celle qui pose les bases de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, premier acte concret de ce qui deviendra l'Union européenne.


La maison, sobrement meublée, est restituée telle qu'elle était à sa mort en 1963, et elle dit quelque chose d'important sur l'homme. Il a choisi une vie simple et il y a une cohérence entre son mode de vie et sa mission. En lisant ses notes et ses discours dans l'espace muséographique, j'ai pensé à ce que la numérologie révèle d'un homme. Robert Schuman est un homme fait pour servir une mission qui le dépasse, avec une capacité à construire des structures durables sans jamais chercher à en tirer la gloire et une capacité à trouver les mots justes.


Les témoignages de ses contemporains disent exactement la même chose — André Philip, qui l'a côtoyé pendant quinze ans au Parlement, le décrit comme un homme sans désirs personnels, d'une humilité intellectuelle totale et qui ne cherchait qu'à servir là où il était appelé. Et Jacques Fauvet a résumé le paradoxe de toute une vie en une phrase : sa véritable vocation eût été celle d'un contemplatif et pourtant il a été dix fois ministre.


Mais, à mon sens, ce site est de l'or entre de mauvaises mains et je le dis sans ménagement parce que le lieu et le personnage méritent mieux. Le musée est intéressant mais la visite de la demeure est trop superficielle. La médiation, lors de notre visite guidée, a consisté à diviser le groupe en deux, à remettre une tablette numérique à un « chef » désigné au hasard — mon mari en l'occurrence — qui devient guide improvisé pour un groupe qu'il ne connaît pas, avec pour seule ressource la tablette en question. Notre groupe était sympathique et on a bien ri, mais la pratique reste douteuse pour un site de cette importance historique. Et pour finir : le musée mentionne que les cantons de Schirmeck et de Saales ont échappé à l'annexion allemande de 1871. C'est faux, la Haute Vallée de la Bruche a bel et bien été annexée et une erreur factuelle dans un musée consacré à un père de l'Europe interroge sur le niveau de rigueur de l'ensemble.


Je te conseille la visite malgré tout, parce que l'homme et le lieu valent le déplacement, mais je te recommande de vérifier les créneaux de visite guidée sur le site officiel avant de partir et d'arriver avec tes propres connaissances sur Schuman pour ne pas dépendre d'une médiation lacunaire.


📍Découvre la Maison de Robert Schuman



Une journée au Parc de Sainte-Croix à Rhodes


Le troisième jour, nous avons quitté Metz en direction Rhodes pour une journée au Parc de Sainte-Croix. C’est un parc que je connais bien puisqu'il figure à la première place de mon article sur les parcs animaliers du Grand Est, que je t'invite à lire si tu cherches où emmener ta famille dans la région : Mon top 3 des parcs animaliers dans le Grand Est.


Mes enfants ont maintenant seize et dix-huit ans et c'est la première fois que mon mari et moi étions dans ce type de parc sans eux. Nous avons senti leur absence d'une façon qu'on n'avait pas anticipée comme le signal d'un basculement que ce week-end a rendu visible : nous entrons dans une autre tranche de vie et il va falloir réapprendre à être un couple dont les enfants ne sont plus le centre de gravité naturel de chaque journée.


Le moment le plus fort s'est produit devant l'enclos des loups gris. Je me suis retrouvée seule face à la vitre pendant quelques minutes — les loups se reposaient à quelques mètres — et je les observais en silence en pensant à la loi de l'attraction, une technique qui m'occupe depuis longtemps car je crois à la force de l’énergie qui m’entoure. Je me suis surprise à essayer de leur parler par la pensée, ce qui est un peu fou à écrire mais qui s'est passé exactement comme ça.


L'un des loups s'est levé. Il s'est approché lentement de la vitre. Nous nous sommes regardés de longues secondes.


Je ne sais pas ce qui s'est passé. Peut-être qu’il songeait à me dévorer pour le petit déjeuner ou qu’il a entendu mon appel. En tout cas, ce fut le plus beau moment de ma journée !



Le Café du Verger, une dernière douceur sur le chemin du retour


Sur le chemin du retour, je me suis arrêtée au Café du Verger à Lorquin, créé par Pierre Forst — un cousin — et Pauline Schonn, sa compagne. Ils ont tous les deux un sens du détail et de la délicatesse qui se lit immédiatement dans la façon dont le lieu est tenu. La tarte à la rhubarbe était à tomber, comme tous les mets préparés par Pierre ! Si tu rentres plus tard, tu peux aussi t’arrêter dans leur restaurant, Le bout des canards, un peu plus loin dans le village. Je suis fière d'eux car ils prouve que la qualité ne nécessite pas les grandes villes pour exister.


Café du verger à Lorquin
Café du verger à Lorquin

Je suis rentrée à La Broque avec une saine fatigue — celle de l'émerveillement, pas de l'épuisement — et avec une conviction qui s'est précisée pendant le trajet retour : pour le bien de mon système nerveux, souvent mis à mal par la société dans laquelle nous vivons et par la vitesse à laquelle elle demande qu'on soit disponible, partir un week-end pas loin chaque trimestre n'est pas un luxe mais une nécessité physiologique. Metz en est une démonstration parfaite parce que son histoire dense permet de se perdre dans le temps, ses habitants parlent volontiers aux étrangers qu'ils croisent et la ville toute entière se laisse découvrir à pied, à un rythme plus lent que celui du quotidien.


La Lorraine ne cherche pas à séduire. Elle attend qu'on la prenne au sérieux. Ce week-end, je l'ai prise au sérieux et je n’ai pas été déçue.


FAQ - Metz


Le Musée de la Cour d'Or est-il vraiment gratuit ?

Oui, l'entrée est entièrement gratuite — ce qui est rare pour un musée de cette envergure. Il est ouvert tous les jours sauf le mardi. Je te conseille de prévoir au minimum deux heures et de commencer par les thermes antiques au sous-sol, conservés in situ depuis leur découverte en 1934.


Faut-il réserver la maison de Robert Schuman à Scy-Chazelles ?

La visite libre du musée et des jardins est accessible sans réservation, mais la visite guidée de la maison historique nécessite de vérifier les créneaux disponibles sur le site officiel avant de partir, les horaires variant selon la saison.


Où se trouve l'amphithéâtre romain de Metz ?

L'amphithéâtre est enfoui sous le parvis du Centre Pompidou-Metz depuis les fouilles allemandes de 1902-1903, qui l'ont documenté précisément puis recouvert de terre pour le préserver. Des poteaux au sol matérialisent les contours de l'arène. Il n'est pas visitable, mais son histoire change complètement la façon de marcher sur ce parvis.


Le Centre Pompidou-Metz vaut-il la visite si on n'aime pas l'art contemporain ?

Oui. C'est une expérience, même quand elle vous résiste, et elle vous oblige à formuler ce que vous aimez et pourquoi. Deux heures suffisent. Le bâtiment de Shigeru Ban est lui-même une prise de position architecturale qu'on n'est pas forcément contraint d'aimer.


Y a-t-il de bonnes adresses végétariennes à Metz ?

Deux adresses que je recommande sans réserve, avec des univers distincts : Délices Veggies pour le déjeuner dans une atmosphère conviviale et Le Jardin Suspendu pour un cadre plus bucolique. Les deux proposent des plats à prix raisonnables.


Où dormir à Metz ?

Nous avons séjourné dans un appartement Airbnb idéalement situé à deux pas de la gare, ce qui nous a permis de rejoindre tous les quartiers à pied sans jamais perdre de temps. Arrivée autonome, appartement bien équipé, literie confortable : il y a tout ce qu'on attend d'un logement quand on veut rentrer le soir sans mauvaise surprise. La rue est un peu animée la nuit mais j'habite à l’orée de la forêt, ce n'est pas une référence valable en matière de silence urbain. La communication est parfaite avec Julien, le propriétaire, qui est réactif et attentionné. Je recommande sans hésiter.


[Mise à jour : mai 2026]

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Photo de la voyageuse bruchoise

Qui est la Voyageuse Bruchoise ?

Je m'appelle Priscilia. Je suis née dans la Vallée de la Bruche et la généalogie m'a appris à ne plus regarder les lieux comme de simples décors. J'y cherche ce qu'ils ont traversé, ce qu'ils ont gardé et ce qu'ils révèlent encore de ceux qui y ont vécu.

L'Escale est ma lettre mensuelle, un rendez-vous où je partage avec toi les coulisses de mes découvertes, les lieux qui m'arrêtent en chemin, mes projets en cours et des histoires inédites que tu ne trouveras pas sur le blog.


Le premier numéro est paru en juillet 2026. Si l'aventure te tente, laisse simplement ton adresse e-mail ci-dessous et rejoins-moi dès la prochaine escale.

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