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Road-trip du Périgord au Quercy : un dialogue avec ceux qui nous ont précédés

  • 22 juil.
  • 23 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Il y a des voyages qu'on croit structurer et qui, en réalité, nous structurent. Je suis partie onze jours entre le Périgord et le Quercy sans savoir que j'allais traverser, presque sans transition, 40 000 ans d'humanité en passant des mains négatives peintes au fond d'une grotte à l'empreinte d'un pied d'adolescent figée dans la calcite ou encore d'une bastide anglaise du XIIIe siècle au geste d'un enfant du pays qui a déchiffré les hiéroglyphes. Ce que ce territoire donne au visiteur, ce n'est pas une collection de sites remarquables mais une conversation continue entre les époques, où chacune répond à la précédente sans jamais l'effacer.


Le format road-trip est parfait pour découvrir un Périgord qui ne se raconte pas en un week-end. J'ai laissé à ce territoire le temps qu'il fallait pour se déployer en entier.


Le Périgord, un territoire riche d'histoire


Le Périgord tire son nom des Pétrocores, le peuple gaulois dont Vesunna, aujourd'hui Périgueux, était la capitale. Son territoire se découpe traditionnellement en quatre couleurs, chacune racontant un paysage différent : le noir des chênes verts sombres autour de Sarlat, le blanc des sols calcaires autour de Périgueux, le vert de la végétation dense vers Brantôme et Nontron, et le pourpre, plus récent, des vignobles de Bergerac.


Comté disputé entre les couronnes de France et d'Angleterre pendant tout le Moyen Âge, en particulier après le mariage d'Aliénor d'Aquitaine avec Henri Plantagenêt en 1152, il porte encore dans ses bastides et ses châteaux frontaliers la mémoire de cette rivalité de plusieurs siècles. Beynac, Castelnaud, Biron, Monpazier et Domme, tous sont nés ou ont été façonnés par cette ligne de fracture entre deux royaumes. Cette histoire mouvementée a fini par façonner une gastronomie à la mesure du territoire : le foie gras et le confit de canard, hérités d'une tradition d'élevage et de conservation ancienne, la truffe noire du Périgord, surnommée le diamant noir, et la noix, dont la récolte rythme encore l'automne dans le Périgord vert. Voyager ici, c'est aussi se nourrir de ce territoire, au sens propre comme au figuré.


Jour 1 — Saint-Nectaire, étape auvergnate entre l'Alsace et le Périgord


La route entre l'Alsace et le Périgord ne se fait pas d'une traite. J’ai choisi de couper ce long trajet par l'Auvergne, sans prétendre lui rendre justice en une seule étape. Saint-Nectaire est un village de montagne dont l'église, perchée tout en haut de la colline, donne au bourg un supplément d'âme que je n'attendais pas. J'ai aimé arpenter ses ruelles sans plan, à l'instinct, laissant le relief décider du chemin plutôt que l'inverse.


La visite des fontaines pétrifiantes m'a appris une technique d'artisanat que je ne connaissais pas : celle qui transforme, par calcification progressive, des objets du quotidien en pièces minérales. Cette entreprise familiale, fondée en 1821 par Jean Serre, capte les sources thermominérales du massif du Sancy et les fait ruisseler sur des « échelles de pétrification » de son invention, un dispositif qui accélère considérablement le dépôt naturel de calcaire. Léon Papon, descendant de Jean Serre, ouvre le site à la visite dès 1922 et sept générations d'artisans se sont succédé depuis dans la même famille pour perpétuer ce savoir-faire. Le guide a détaillé avec soin la différence entre cristallisation et pétrification; deux processus que l’on confond souvent et qui n'obéissent pourtant pas à la même logique. Deux siècles de pédagogie artisanale y sont sans doute pour quelque chose. J'aime ce moment où une visite, même modeste, m'apprend un geste perpétré depuis plusieurs décennies.


Je le dis ici comme une promesse plutôt que comme un regret : l'Auvergne mérite mieux qu'une étape de passage entre deux régions. Calme et généreuse en paysages, elle appelle un voyage à part entière que je lui dois encore.


Ville de Saint Nectaire et son église
St Nectaire | La Voyageuse Bruchoise | 2026

Jour 2 — Brantôme, la Venise du Périgord


Brantôme est construite sur une île formée par la Dronne, autour d'une abbaye bénédictine fondée par Charlemagne en 769. Détruite par les Normands au IXe siècle, pillée pendant les guerres de Religion puis restaurée au XIXe, elle abrite aujourd'hui la mairie et un musée. Son clocher roman, l'un des plus anciens de France, date du XIe siècle et se dresse détaché du bâtiment principal — une particularité architecturale rare dans le patrimoine religieux français.


La visite guidée des grottes troglodytes, creusées dans la falaise derrière l'abbaye, a été le point fort de la journée. Ces cavités ont servi tour à tour de refuge, de chapelle funéraire et d'espace de vie aux moines successifs ; elles conservent un bas-relief du XVe siècle représentant le Jugement dernier. Mon guide, Olivier, connaissait le lieu dans ses moindres détails et sa passion se sentait dans chaque explication. Sans être hors du commun, l'abbaye garde une élégance que je retiens surtout pour ce clocher isolé, signature discrète d'un site autrement classique.


📍 Réserve ta visite : Abbaye de Brantôme



Plus tard, la croisière sur la Dronne a offert un moment bucolique, hors du temps. C'est le genre de parenthèse qui installe une respiration dans une journée de visites.


Le château de Bourdeilles, que je n’avais pas prévu de visiter, se découvre en deux temps bien distincts : une forteresse médiévale et, à quelques mètres à peine, un logis Renaissance. Bourdeilles est l'une des quatre baronnies fondatrices du Périgord, aux côtés de Biron, Beynac et Mareuil, un statut attesté dès le Xe siècle bien que la première mention écrite du site ne remonte qu'à 1183. Le donjon actuel, haut de trente-cinq mètres pour des murs de plus de deux mètres d'épaisseur, naît d'un conflit féodal : en 1273, les Anglais s'emparent du château et les moines de l'abbaye de Brantôme, qui en revendiquaient la suzeraineté depuis des années de différends avec les Bourdeille, en profitent pour l'obtenir du roi de France. C'est Géraud de Maulmont, frère de l'abbé de Brantôme installé comme coseigneur, qui fait construire ce « château neuf » à partir de 1283 avant que la famille de Bourdeille ne finisse par reprendre son fief et son titre de premiers barons du Périgord.


Le logis Renaissance, lui, doit son existence à Jacquette de Montbron, épouse d'André de Bourdeille, qui le fait édifier à la fin du XVIe siècle dans le goût italien alors en vogue, jusqu'à aménager une chambre pour Catherine de Médicis; laquelle n'y mit jamais les pieds. Faute de moyens, l'aile est du bâtiment ne fut jamais achevée, ce qui explique ce manque d'explications sur son histoire et son mobilier que j'ai ressenti sur place : le château lui-même n'a jamais tout à fait fini de se raconter. Un dernier fil me touche particulièrement : c'est dans cette famille que naît, vers 1540, Pierre de Bourdeille, dit Brantôme, mémorialiste devenu abbé commendataire de l'abbaye que j’ai visitée la veille — comme si ces deux étapes du voyage, en apparence indépendantes, se répondaient déjà par un même nom de famille.


📍 Découvre le Château de Bourdeilles



Jour 3 — Périgueux, une visite manquée


Je rêvais de découvrir Périgueux. Le programme prévoyait la vieille ville et Vesunna et la journée en a décidé autrement : un vilain virus, sans doute contracté après avoir bu l'eau de la fontaine de Brantôme la veille, m'a clouée au lit toute la journée. Je note cet épisode ici volontairement parce qu'un road-trip n'est pas qu'une suite de visites réussies; c'est aussi ces journées où le corps impose sa loi et où l'on doit remettre la découverte à un prochain passage.


Vesunna était le nom gallo-romain de Périgueux, capitale des Pétrocores, le peuple gaulois qui a donné son nom au Périgord. Le site-musée qui porte aujourd'hui ce nom protège les vestiges d'une riche demeure gallo-romaine, la domus de Vésone, mise au jour en 1959, sous un vaste bâtiment de verre conçu par l'architecte Jean Nouvel et inauguré en 2003. Sa philosophie tient en deux mots : protéger et révéler, en dominant les murs conservés depuis des passerelles suspendues. Ce sera, je l'espère, l'occasion d'un prochain passage à Périgueux — la vieille ville et Vesunna m’attendront encore.


Jour 4 — Monpazier et le château de Biron


Monpazier, la bastide qui a traversé sept siècles presque intacte


Monpazier est fondée en 1284 par Édouard Ier, duc d'Aquitaine et roi d'Angleterre, en association avec le seigneur de Biron, aux confins de leurs terres, sur une hauteur qui domine la vallée du Dropt. Sept siècles plus tard, la bastide compte trente-deux monuments historiques et reste considérée comme le modèle architectural absolu de ce type de ville nouvelle médiévale, au point d'avoir inspiré Viollet-le-Duc puis Le Corbusier. C'est un voyage dans le temps que je n'attendais pas d'un simple détour : prendre un thé sur la place, sous les arcades, en regardant vivre un village qui n'a presque rien perdu de son plan d'origine. Le Bastideum, installé dans l'ancien couvent des Récollets, décrypte l'histoire, l'architecture et l'urbanisme de cette « bastide modèle » à travers une reconstitution numérique en 3D et une collection de jeux médiévaux. Nous y avons passé un très bon moment en famille, entre reconstitutions de pièces à vivre et jeux anciens en bois à manipuler.




Château de Biron, un imprévu qui devient l'un des plus beaux souvenirs du séjour


Le château de Biron est resté huit siècles dans la même famille, les Gontaut-Biron, l'une des quatre baronnies historiques du Périgord aux côtés de Beynac, Bourdeilles et Mareuil. Chaque siècle y a laissé sa trace, de la forteresse défensive du XIIe siècle aux salons du XVIIIe ornés de marbres offerts par Louis XIV, ce qui donne au château une superposition de styles unique dans la région. Charles de Gontaut, baron de Biron et maréchal de France, y a grandi avant de conspirer contre Henri IV et d'être décapité pour haute trahison en 1602; un destin que la production de l'émission « Les Traîtres » a jugé suffisamment évocateur pour y installer, en 2024, le tournage de sa troisième saison.


Cette visite n'était pas vraiment prévue dans notre programme initial et c'est souvent dans ces imprévus-là que se logent les meilleurs souvenirs de voyage. J’ai eu la chance de privilégier d'une visite guidée pleine d'humour, portée par des comédiens visiblement passionnés, où le château se dévoile de surprise en surprise, pièce après pièce. Ma pièce préférée reste le cellier, où l'on comprend très concrètement comment on conservait les aliments à l'échelle d'une seigneurie entière. À mon sens, c'est l'un des plus beaux châteaux du Périgord et l'un des lieux qui, à mi-parcours, m'ont donné envie de ralentir plutôt que de cocher des cases.


📍 Découvre le Château de Biron



Jour 5 — Sarlat, le château de Beynac et Roque-Gageac


Sarlat, la ville que son déclin a sauvée


Sarlat-la-Canéda est une ville charmante mais surpeuplée à mon goût en plein été. J'ai aimé y découvrir la maison de la Boétie, un auteur très intéressant à mes yeux et les nombreuses boutiques, même si les articles proposés ne sont pas toujours à la hauteur du lieu qui les accueille.


La ville naît au IXe siècle autour d'une abbaye bénédictine indépendante, placée directement sous l'autorité du Saint-Siège plutôt que sous celle de Cluny ou de Cîteaux, un statut d'exception qui explique en partie sa prospérité précoce. En 1317, le pape Jean XXII l'élève au rang d'évêché par la bulle Salvator Noster et Sarlat devient une ville de clercs et de juristes qui entament la longue transformation architecturale de la cité. Cette ascension est brutalement interrompue par la peste noire de 1348, qui décime près de la moitié de la population puis par la guerre de Cent Ans, qui fait de Sarlat un point stratégique à la frontière des royaumes de France et d'Angleterre. Les guerres de Religion y ajoutent leur lot de sièges, en 1562 puis en 1587, avant qu'une reconstruction aux XVe et XVIe siècles ne pare la ville des hôtels particuliers que l'on visite aujourd'hui. C'est dans cette effervescence intellectuelle que naît, en 1530, Étienne de La Boétie, ami de Montaigne et auteur du Discours de la servitude volontaire.


Le paradoxe de Sarlat, c'est que sa préservation doit presque tout à son propre déclin : à partir du XVIIe siècle, la ville s'enfonce dans près de cent cinquante ans de sommeil économique, faute d'accès direct aux grands axes commerciaux et cet isolement la dispense des reconstructions qui ont aseptisé tant d'autres centres historiques. Il faudra attendre 1962 et la loi Malraux pour que Sarlat devienne la première « ville laboratoire » de France en matière de secteurs sauvegardés, ouvrant vingt-cinq ans de restaurations minutieuses. Sous la foule de juillet, la pierre ocre garde pourtant sa mémoire intacte : c'est une ville qui a traversé les épidémies, les guerres de Religion et les sièges sans jamais être rebâtie ailleurs et cette continuité se lit encore dans chaque façade, pour qui prend le temps de lever les yeux au-dessus des vitrines.



Château de Beynac, le géant de pierre qui a vu passer Aliénor et Richard Cœur de Lion


Propriété de la famille de Beynac dès le XIIe siècle, le château se dresse depuis plus de neuf siècles sur son éperon rocheux, face à Castelnaud qu'il surveillait alors comme un ennemi. Richard Cœur de Lion en devient propriétaire en 1189, avant que la forteresse ne traverse les guerres de religion et la guerre de Cent Ans en changeant plusieurs fois de camp. Son point d'orgue reste la chambre attribuée à Richard Cœur de Lion où j'ai eu la chance de rester seule quelques minutes; un privilège rare face à un lieu empreint de l'âme d'un géant de l'Histoire. Ce que ce château donne à sentir, ce n'est pas tant son architecture militaire que la frontière qu'il a incarnée pendant deux siècles : la Dordogne comme ligne de fracture entre deux couronnes et ces pierres qui ont choisi un camp puis l'autre, selon les mariages, les trahisons et les rapports de force du moment. Il manque un peu d'animation à mon goût pour restituer pleinement la vie qui a traversé ces murs mais l'absence de reconversion en décor muséal compense largement ce manque : rien n'est rejoué ici, tout est resté dans son jus. Avec Beynac, c'est la troisième des quatre baronnies historiques du Périgord que ce voyage nous fait traverser, après Bourdeilles et Biron : il ne nous restera plus que Mareuil à découvrir, une raison de plus, s'il en fallait une, d'y revenir.


📍 Découvre le Château de Beynac



La Roque-Gageac, un village qui vit sous sa propre menace


La Roque-Gageac est l'un des plus beaux villages de France construits à flanc de falaise sur les bords de la Dordogne, littéralement encastré dans la roche qui le surplombe. Je conseille la balade en gabare pour en comprendre tous les secrets, ce village ayant occupé une position hautement stratégique pour le commerce fluvial. Au XVIIIe siècle, son port recevait chaque année près de deux cents gabares chargées de bois, de vin et de marchandises en partance pour Bordeaux, avant que la dernière d'entre elles ne remonte le cours d’eau dans les années 1920 et que le village ne se tourne vers le tourisme.


Ce qui frappe surtout, en levant les yeux depuis l'eau, c'est cette manière qu'ont les habitations troglodytiques de se fondre dans la falaise, comme si le village avait toujours cherché à se faire discret plutôt qu'à s'imposer dans le paysage. Le fort troglodytique qui domine le bourg, construit au XIIe siècle, abritait autrefois cinq maisons nobles ainsi qu'une résidence d'été des évêques de Sarlat, accrochées à la paroi à plusieurs dizaines de mètres au-dessus des toits. Cette même falaise qui a protégé le village pendant des siècles a fini par se retourner contre lui : le 17 janvier 1957, un pan entier s'effondre, tuant trois habitants et détruisant six maisons, puis en 2010, une nouvelle chute de pierres force la fermeture du fort pendant dix années de travaux de consolidation. La vue depuis les hauteurs se mérite — mon vertige a été mis à rude épreuve — mais l'histoire de ce fort troglodytique reste passionnante de bout en bout, précisément parce qu'elle n'a jamais cessé de composer avec le risque plutôt que de l'ignorer.



Jour 6 — Domme, le château de Castelnaud et la grotte de Cougnac


Domme, les graffitis d'une foi emprisonnée


Domme est une autre bastide, moins policée que Monpazier, avec trop de voitures qui y circulent, à mon goût. Mais, sa Porte des Tours, dont les murs portent des graffitis gravés à la pointe du couteau ou du clou, aiguise vraiment la curiosité. La tradition, fixée en 1970 par le chanoine Tonnelier, attribue ces gravures à des chevaliers de l'ordre du Temple, arrêtés après la rafle générale ordonnée par Philippe le Bel le 13 octobre 1307 et emprisonnés là plusieurs années. Une étude commandée par la commune en 2018 a nuancé cette attribution, sans trancher définitivement. Peu importe, au fond, l'identité exacte de celui qui a gravé ces croix et ces scènes de crucifixion : ce qui reste lisible dans la pierre, c'est une main qui a cherché, dans l'attente ou dans la peur, à laisser une trace de sa foi. La vue depuis les remparts sur la vallée de la Dordogne, elle, appartient à un tout autre registre : celui, plus paisible, d'un territoire qui semble avoir fini par digérer ses propres violences.



Château de Castelnaud, une déception malgré des atouts réels


Le château de Castelnaud, qui faisait face à Beynac de l'autre côté de la Dordogne pendant la guerre de Cent Ans, alors sous domination anglaise, est assez rare pour être aussi bien soigné. Son histoire commence pourtant dans la violence : au début du XIIIe siècle, il appartient à Bernard de Casnac, seigneur cathare réputé pour sa cruauté envers les chrétiens tombés entre ses mains, ce qui attire sur lui la croisade des Albigeois. Simon de Montfort s'empare du château en 1214 ; Bernard de Casnac le reprend l'année suivante et fait pendre toute la garnison laissée sur place, avant que l'archevêque de Bordeaux, parti en croisade à son tour, ne le chasse définitivement et ne brûle la forteresse. Reconstruit au XIIIe siècle sous suzeraineté anglaise, le château passe en 1368 à la famille de Caumont, qui choisit le camp des Plantagenêts pendant que Beynac, juste en face, reste fidèle au roi de France — les deux forteresses se sont ainsi bel et bien fait la guerre à vue, de chaque côté de la même rivière, jusqu'à la reprise française définitive en 1442.


Vendu comme bien national à la Révolution, le château sert de carrière de pierres au XIXe siècle et sombre peu à peu dans l'oubli, jusqu'à son rachat en 1965 par la famille Rossillon, originaire de Beynac, ce qui referme la boucle d'une manière que je trouve assez belle : ce sont des descendants de l'ancien camp français qui ont fini par sauver la forteresse de leurs anciens ennemis. Classé monument historique en 1966, le site accueille depuis 1985 le musée de la guerre au Moyen Âge, l'une des plus importantes collections d'artillerie médiévale d'Europe.


Pourtant, je n'ai pas aimé cette visite. La restauration, très poussée, laisse peu de place à l'imaginaire, et le musée, pourtant intéressant sur le fond, est desservi par une gestion des flux hyper mal pensée : beaucoup de visiteurs, un sens de visite qui les fait se croiser sans cesse et des enfants livrés à des animations qui ajoutent au désordre plus qu'elles n'éclairent le propos. Le manque de civisme ambiant m'a empêchée de profiter pleinement de la visite. C'est un paradoxe qui m'a beaucoup occupée sur la route du soir : le château qui a connu la violence la plus brutale de toute la vallée est aussi, aujourd'hui, le lieu le mieux conservé du secteur et celui où j'ai le moins ressenti la présence de ceux qui l'ont habité.


📍 Découvre le Château de Castelnaud



Grotte de Cougnac, la petite sœur discrète de Pech Merle


Moins connue que les grottes du Lot voisin, la grotte de Cougnac se compose en réalité de deux cavités distantes de deux cents mètres, découvertes en 1949 puis 1952. La première impressionne par la densité de ses concrétions ; la seconde, classée monument historique en 1954, conserve des peintures pariétales datées d'environ 25 000 mille ans — bouquetins, mammouths, grands cervidés et figures humaines schématiques, dont d'énigmatiques « hommes blessés ». La visite s'ouvre par un temps consacré à la géologie — stalactites, stalagmites, draperies, calcite — qui m'a offert tout un vocabulaire courant en Périgord noir, avant un second temps consacré à l'art pariétal. Je reste toujours impressionnée de me trouver face à l'immensité de l'humanité : des peintures originales vieilles de milliers d'années, ouvertes au public. Beaucoup de groupes se succèdent chaque jour, et je m'interroge, sans avoir de réponse, sur ce que cette fréquentation représente pour la conservation du lieu.


📍 Réserve ta visite des Grottes de Cougnac


Présentation de la grotte de Cougnac - Périgord

Jour 7 — Grotte des Combarelles et Musée national de Préhistoire


Combarelles, l'art gravé plutôt que peint


La grotte des Combarelles a été découverte le 8 septembre 1901, quand Jean Pomarel signale à l'instituteur du village, Denis Peyrony, au docteur Louis Capitan et à l'abbé Henri Breuil l'existence de figures gravées dans la roche, semblables à celles trouvées six ans plus tôt à la grotte de La Mouthe. Les trois hommes y pénètrent à la lueur d'une bougie et découvrent, à cent vingt mètres de l'entrée, les premières gravures d'un ensemble qui en compte aujourd'hui plus de six cents, réparties sur un couloir sinueux de plus de deux cents mètres. Il n'y a pas de peintures pariétales ici — elles semblent avoir disparues à cause de l’humidité de la grotte — mais des gravures, ce qui change entièrement la relation à l'œuvre : il faut chercher le trait dans la pierre plutôt que le recevoir d'un simple coup d'œil. Mon favori est incontestablement le lion des cavernes, au fond de la grotte.


Notre guide, Sophie, passionnante, a suscité beaucoup de questions qui resteront sans réponse — pourquoi cet art, au fond de galeries dangereuses (les ours y ont laissé leurs griffades) et difficiles d'accès ? Je préfère, et de loin, cette part de mystère irrésolu à une explication qui prétendrait tout expliquer.


📍 Réserve ta visite de la Grotte des Combarelles (obligatoire - Nombre de visiteurs limité)


Musée national de Préhistoire, la référence documentée


Fondé en 1918 par Denis Peyrony dans l'ancien château de Tayac, aux Eyzies, le musée conserve aujourd'hui environ six millions d'objets dans un bâtiment contemporain accroché à la falaise emblématique du village depuis 2004. Très intéressant mais un peu redondant pour les non-initiés, il gagnerait à proposer davantage d'interactivité — suivre, par exemple, une journée dans la vie d'un homme de Cro-Magnon plutôt que d'aligner les vitrines. Ce que ce musée donne malgré tout à ressentir, une fois qu'on a traversé les grottes voisines, c'est la continuité : les silex, les parures, les foyers exposés ici ne sont pas des curiosités isolées mais les mêmes gestes, répétés sur des dizaines de milliers d'années, par les artistes que nous venions de croiser au fond des Combarelles.




Jour 8 — Château de Commarque et Rocamadour


Commarque, la forteresse oubliée qui renaît sous nos yeux


Fondé au XIIe siècle par les abbés de Sarlat pour surveiller le croisement de deux routes commerciales majeures, le château de Commarque devient progressivement le fief de la famille de Beynac, avant que son dernier châtelain n'y meure en 1656. La forteresse tombe alors dans un oubli complet qui durera près de trois siècles, recouverte par la végétation, jusqu'à ce qu'Hubert de Commarque, descendant direct des premiers bâtisseurs, la rachète en 1968 et entreprenne un chantier titanesque de dégagement et de consolidation — près de 80 000 mètres cubes de pierres et de terre évacués à la seule force du chantier familial. Ce sont des ruines parfaitement entretenues, avec un vrai souci de mise en accessibilité et la découverte progressive des différents éléments du site, via un audioguide, fonctionne remarquablement bien.


Ce qui me touche particulièrement dans cette histoire, ce n'est pas tant la restauration en elle-même que son geste : une famille qui retrouve, huit siècles plus tard, les pierres que ses propres ancêtres avaient posées et qui choisit d'y consacrer sa vie plutôt que de les laisser retourner à la terre. C'est une forme de transmission que je reconnais, à mon échelle, dans mes propres recherches généalogiques du côté de la Vallée de la Bruche : la mémoire d'un lieu ne survit jamais seule, elle a toujours besoin de quelqu'un pour la porter et la faire entendre à nouveau.


📍 Découvre le *Château de Commarque



Rocamadour, retrouvé pour sa messe plutôt que pour son grand escalier


Site de pèlerinage depuis le XIe siècle, Rocamadour accroche ses sanctuaires à flanc de falaise, entre la rivière et le château qui couronne le plateau. La légende raconte qu'un ermite du nom d'Amadour — assimilé plus tard à Zachée, le publicain de l'Évangile devenu disciple du Christ — serait venu fonder ici un oratoire dédié à la Vierge. En 1166, on découvre à cet endroit un corps parfaitement conservé, aussitôt attribué à ce saint homme, et la nouvelle se répand dans toute l'Europe chrétienne : le pèlerinage, jusque-là modeste, prend une ampleur considérable. Henri II Plantagenêt était déjà venu en 1159 remercier la Vierge noire de l'avoir guéri d'une grave maladie et le mouvement ne fera que s'amplifier par la suite, jusqu'à ce que Saint Louis et sa mère Blanche de Castille viennent y prier en famille en 1244. Un livre des miracles, rédigé dès 1172, en recense 126, attribués à la statue de la Vierge noire toujours visible dans la chapelle Notre-Dame.


C'est un grand classique, souvent visité mais nous y sommes arrivés en fin d'après-midi, quand les cars se vident dès 17h30, pour retrouver l'essence du lieu loin de la foule. Participer à une messe dans la chapelle Notre-Dame m'a procuré un sentiment de plénitude et de calme que je n'attendais pas d'une visite déjà connue — trente minutes qui ont changé la nature de cette deuxième découverte. Ce qui frappe, dans ce silence retrouvé, c'est la densité d'une ferveur accumulée sur près de mille ans : les pèlerins montaient autrefois à genoux les 216 marches du Grand Escalier, récitant une prière à chacune d'elles, certains même enchaînés en signe de pénitence forcée. Ce geste répété pendant des siècles, jusqu'à ce que les huguenots ne saccagent le sanctuaire et brûlent les reliques du saint en 1562, laisse dans la pierre quelque chose que l'architecture seule n'explique pas. Les prix pratiqués dans les boutiques, y compris pour les articles religieux, restent inconvenants pour un lieu si chargé de sens.


📍 Découvre le Sanctuaire de Rocamadour



Jour 9 — La grotte du Pech Merle et Cahors


Pech Merle, le lieu que je place au-dessus de tous les autres


S'il ne fallait retenir qu'un seul lieu de ce road-trip, ce serait celui-ci. La grotte du Pech Merle est découverte en avril 1922 par deux adolescents, André David et Henri Dutertre, guidés dans leur passion pour la préhistoire par l'abbé Amédée Lemozi, curé de Cabrerets. Ouverte au public dès 1924, elle est classée monument historique en 1951 et conserve plus de sept cents motifs pariétaux — mammouths, bisons, chevaux, empreintes de mains — répartis sur près de trois cents mètres de galeries ornées.


Le panneau le plus célèbre, celui des « chevaux ponctués », a été réalisé il y a environ 29 000 ans : deux chevaux adossés, ponctués de taches noires soufflées au pigment, dont le contour naturel de la roche évoque déjà, à lui seul, la tête d'un cheval comme si l'artiste avait lu la pierre avant d'y ajouter son geste. J'ai adoré cette œuvre, la plus belle représentation pariétale qu'il m'ait été donné de voir jusqu’à aujourd’hui.


Mais ce qui m'a le plus bouleversée, c'est un autre témoignage, plus discret : douze empreintes de pas, probablement laissées par un adolescent, fossilisées par calcification au fond d'un gour aujourd'hui asséché. Je suis sensible à l'humain avant tout, à celui qui raconte une histoire, à celui qui traverse l'histoire. Une peinture est un geste voulu, un message adressé à quelqu'un. Cette trace de pas ne dit rien, ne signifie rien : elle est involontaire, sans but, juste la preuve qu'un corps est passé là, un jour, il y a plus de 12 000 ans. Elle affirme la présence de l'homme plus sûrement que n'importe quelle fresque. C'est ce dialogue sourd avec quelqu'un qui n'a jamais cherché à me parler qui m'a le plus marquée de tout le voyage.


Notre guide, Truke, passionnée et passionnante, a su porter ce mystère sans jamais chercher à le refermer par une explication trop simple. La préhistoire ne répond pas à tout et c'est très bien ainsi : ce silence laisse une vraie place à l'imaginaire, chose que les époques suivantes ont rarement accordée.


📍 Réserve ta visite à la Grotte du Pech Merle (obligatoire - Nombre de visiteurs limité)


Présentation de la grotte du Pech Merle - Périgord

Cahors, une jolie ville, sans plus


Cahors, avec son pont Valentré médiéval, est une ville agréable mais je n'y ai pas trouvé de raison de m'attarder au-delà d'une promenade. Le pont, construit au XIVe siècle pour défendre la ville plutôt que pour la relier, porte une légende que j'aime raconter : l'architecte, dépassé par les délais, aurait pactisé avec le diable pour achever l'ouvrage à temps, avant de le rouler dans la ruse au moment de payer sa dette. Une petite gargouille sculptée sur la tour centrale, ajoutée au XIXe siècle, rappelle aujourd'hui ce marché comme si la ville avait tenu à garder une trace, même inventée, de ce qu'il en coûte de vouloir bâtir trop vite. Le pont reste intéressant à observer, notamment pour ses trois tours fortifiées mais la ville elle-même ne m'a pas marquée autant que les villages perchés qui l'entourent.



Jour 10 — Saint-Cirq-Lapopie et Figeac


Saint-Cirq-Lapopie, un village qu'il faut mériter


Saint-Cirq-Lapopie, accroché à cent mètres au-dessus du Lot et classé parmi les *Plus Beaux Villages de France*, compte à lui seul treize monuments historiques, vestiges des trois familles seigneuriales qui se partageaient autrefois le site. C'est le genre de village médiéval qui a su traverser les siècles sans perdre sa cohérence, avec ses maisons de marchands à arcades et ses fenêtres Renaissance. Ce village a bien failli disparaître au milieu du XXe siècle, déserté par ses habitants, avant qu'André Breton n'en tombe amoureux au sortir de la guerre et ne s'y installe, entraînant derrière lui tout un cercle d'artistes venus chercher, dans ces ruelles à l'abandon, quelque chose que la ville ne leur offrait plus. C'est peut-être ce qui rend ce lieu si singulier : un village sauvé non par le tourisme mais par le regard de ceux qui ont su y reconnaître une beauté que ses propres habitants avaient cessé de voir. Je conseille d'y arriver avant 11 heures : les ruelles pentues, en dallage ancien, deviennent vite glissantes sous l'afflux de visiteurs et les parkings à l’extérieur du village est une excellente idée pour préserver le site.



Figeac, la ville qui a vu naître Champollion


Jean-François Champollion, le déchiffreur des hiéroglyphes égyptiens, naît à Figeac en 1790 dans la librairie de son père, entouré de livres et de langues anciennes. Sa maison natale abrite aujourd'hui le musée des Écritures du Monde, qui retrace l'histoire de l'écriture depuis la Mésopotamie jusqu'à nos claviers, en passant par l'Égypte ancienne, la Chine et la Mésoamérique. J'ai adoré cette plongée chez celui qui a su déchiffrer les hiéroglyphes, moi qui avais visité l'Égypte antique quelques années plus tôt : la boucle se referme d'une façon que je n'avais pas anticipée et je mesure, en tant que passeuse de mémoire à mon échelle, tout ce que l'on doit à un homme qui a redonné une voix à des textes muets depuis quinze siècles. L'église s'est révélée particulièrement apaisante — j'y suis restée un bon quart d'heure — et la visite de la vieille ville en fin de soirée, débarrassée des groupes du jour, offre le visage le plus juste de Figeac, celui d'une cité qui vit encore avec son passé plutôt que de le mettre sous verre.




Jour 11 — Charroux, dernière étape avant l'Alsace


Pour ce long retour vers l'Alsace, j’ai de nouveau traversé l'Auvergne, et une halte à Charroux, dans l'Allier, referme le voyage sur une note qui lui est propre. Bâtie sur un ancien oppidum gallo-romain puis érigée en ville franche en 1245, c'est le seul village de tout le département de l'Allier classé parmi les *Plus Beaux Villages de France*. J'ai adoré ce village, où le parking extérieur préserve tout le centre historique et où les nombreuses boutiques d'artisans — nacre, poterie, moutarde relancée en 1990 après des décennies d'oubli — témoignent d'un vrai savoir-faire local porté par des habitants très chaleureux. Ce que ce village raconte, avec son plan circulaire hérité de son ancien statut de ville forte, c'est une continuité rare : le même périmètre habité depuis l'Antiquité, resserré sur lui-même comme pour mieux se souvenir de ce qu'il a été.


Le musée de Charroux et de son canton, installé dans quatorze salles réparties sur deux bâtiments des anciennes fortifications, s'est révélé d'une richesse inattendue, retraçant l'histoire du lieu depuis l'époque gallo-romaine jusqu'au XXe siècle — bien mieux ficelé que certains musées bien plus grands que j'ai pu visiter ailleurs. Encore une fois, l'Auvergne se laisse entrevoir sans jamais se livrer complètement : la promesse d'y revenir un jour pour elle-même, et pour elle seule, reste entière.



Ce que ce road-trip périgourdin m'a appris


Onze jours ne suffisent pas à épuiser le Périgord et le Quercy et ce n'était de toute façon pas l'objectif. Ce que je retiens de ce voyage, ce n'est pas une liste de sites cochés mais une sensation continue : celle d'un territoire où 40 000 ans d'histoire humaine se répondent sans qu'aucune époque n'écrase les autres. Les mains négatives de Pech Merle ne font pas taire la trahison de Charles de Gontaut-Biron. Le silence figé des Combarelles n'empêche pas Rocamadour de vibrer encore de sa ferveur médiévale. Chaque visite déplace légèrement la suivante.


Ce qui restera le plus longtemps en moi, c'est cette empreinte de pas au fond du Pech Merle — un dialogue sourd avec quelqu'un qui n'a jamais cherché à me parler et qui pourtant m'a dit quelque chose d'essentiel sur ce que signifie être passé quelque part. Voyager en famille, sans ma fille de 18 ans pour la première fois, m'a aussi rappelé qu'un voyage en famille se transforme avec le temps, comme un territoire se transforme avec les siècles, sans jamais tout à fait disparaître.


Nous avons organisé ce séjour bien en amont, en réservant à l'avance les visites les plus demandées — La grotte de Pech Merle limite volontairement son nombre de visiteurs quotidiens, tout comme celle des Combarelles. C'est sans doute le conseil le plus utile que je puisse donner : ce territoire se prépare, il ne s'improvise pas entièrement, sous peine de trouver porte close devant les sites les plus exigeants en jauge.


Questions fréquentes - Road-trip en Périgord


Faut-il réserver la grotte du Pech Merle longtemps à l'avance ?

Oui et c'est valable pour toutes les grottes ornées du secteur. Pech Merle limite ses visites à sept cents personnes par jour en juillet-août, par groupes de vingt-cinq. En haute saison, réserve plusieurs semaines avant ton passage.


Château de Beynac ou château de Castelnaud, lequel choisir en priorité ?

Beynac, sans hésiter, pour son authenticité et l'émotion de sa chambre attribuée à Richard Cœur de Lion. Castelnaud propose un musée de la guerre médiévale intéressant sur le fond mais souffre d'une gestion des flux de visiteurs qui nuit à l'expérience en haute saison.


Le château de Biron vaut-il le détour depuis Monpazier ?

Oui, les deux se complètent parfaitement et se visitent en une demi-journée. Le château de Biron, resté huit siècles dans la même famille, offre une des visites les plus riches et les plus surprenantes du Périgord, avec un guide en costume qui alterne humour et précision historique.


Rocamadour est-il intéressant en dehors du grand escalier et des boutiques ?

Absolument. Arriver en fin d'après-midi, une fois les cars repartis, ou assister à une messe dans la chapelle Notre-Dame, change complètement la nature de la visite et révèle la densité spirituelle du lieu, loin de l'agitation touristique du milieu de journée.


Combien de jours prévoir pour ce road-trip entre Périgord et Quercy ?

Dix jours minimum pour couvrir sereinement le Périgord noir et le Quercy sans excès de route quotidienne. Onze jours, comme nous l'avons fait, permettent d'ajouter une étape en Auvergne à l'aller ou au retour.


[Rédaction : 22 juillet 2026]

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Photo de la voyageuse bruchoise

Qui est la Voyageuse Bruchoise ?

Je m'appelle Priscilia. Je suis née dans la Vallée de la Bruche et la généalogie m'a appris à ne plus regarder les lieux comme de simples décors. J'y cherche ce qu'ils ont traversé, ce qu'ils ont gardé et ce qu'ils révèlent encore de ceux qui y ont vécu.

L'Escale est ma lettre mensuelle, un rendez-vous où je partage avec toi les coulisses de mes découvertes, les lieux qui m'arrêtent en chemin, mes projets en cours et des histoires inédites que tu ne trouveras pas sur le blog.


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