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Journées du Patrimoine dans la Vallée de la Bruche : cinq sites à ne pas manquer

  • 8 sept. 2023
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 juin

Il y a des week-ends que j’attends avec une impatience que je ne cherche pas à dissimuler. Les Journées européennes du Patrimoine sont de ceux-là. Chaque troisième week-end de septembre, des portes s’ouvrent — des portes qui restent fermées le reste de l’année, parfois depuis des décennies, parfois depuis toujours pour le commun des visiteurs. Et dans une vallée comme la Bruche, où chaque hameau porte une leçon d’histoire que le quotidien efface, c’est une occasion qui ne ressemble à aucune autre.


Mon rituel est simple pour les Journées du Patrimoine dans la Vallée de la Bruche : je consulte le programme de l’Office de Tourisme quelques jours avant, je me compose une journée sur mesure et je pars avec le sentiment de traverser mon propre territoire comme si je le découvrais pour la première fois. Ce n’est pas tout à fait vrai, bien sûr. Mais c’est en partie ce que ces journées font : elles déplacent le regard de l’habitante vers celui de la passeuse.


Parmi les sites proposés chaque année dans la vallée, cinq m’ont particulièrement marquée. Je te les présente avec ce que j’en retiens — non pas comme une liste d’adresses à cocher, mais comme autant de seuils qui valent d’être franchis.



Comprendre l’origine des Journées du Patrimoine


L’initiative est née en France en 1984, sous l’impulsion de Jack Lang, alors ministre de la Culture, avec un objectif que l’on pourrait formuler ainsi : rendre sensible ce que l’on oublie d’ordinaire de regarder. Non pas montrer le patrimoine au sens de vitrine nationale, mais permettre à chacun d’entrer — physiquement, concrètement — dans des lieux dont l’accès lui était refusé.


Ce qui a commencé comme un rendez-vous français est devenu, au fil des années, un événement européen : de nombreux pays organisent désormais leurs propres journées sous l’appellation Journées européennes du Patrimoine, ce qui donne à la manifestation une dimension collective assez rare pour être mentionnée. Chaque édition est placée sous un thème qui oriente sans contraindre les propositions locales.


Cinq sites à visiter lors des Journées du Patrimoine en Pays de Bruche


Le château du Guirbaden, un chantier vivant ouvert au public


Le château du Guirbaden ne se laisse pas approcher sans effort. Il faut marcher pour l’atteindre et c’est peut-être pour cela qu’il conserve quelque chose d’intact que d’autres ruines, trop facilement accessibles, ont perdu. L’association « Sauver le Guirbaden », née en avril 2015, anime ce site avec une constance que l’on peut admirer sans réserve : des bénévoles passionnés proposent des visites guidées tout au long de la journée, une exposition, des démonstrations de calligraphie ou de tissage au peigne et même un atelier d’habillage du chevalier pour ceux qui souhaitent passer de l’observation à l’expérience.


Ce qui me touche dans ces journées au Guirbaden, c’est moins le décor médiéval — je le connais depuis longtemps maintenant — que la preuve, chaque année renouvelée, qu’une poignée de personnes suffisent à tenir un lieu en vie. C’est une leçon de patrimoine plus éloquente que n’importe quel panneau explicatif.



L’ancienne synagogue de Schirmeck, témoin d’une communauté disparue


L'ancienne synagogue de Schirmeck a été construite en 1906 sous la direction des architectes David Falk et Émile Wolf. Son architecture porte les marques de cette période : une fenêtre thermale imposante en façade, une porte d’entrée placée sur le côté selon l’usage et les tables de la loi encadrées avec soin. Elle témoigne d’une communauté juive qui a vécu dans la vallée jusqu’au milieu du XXe siècle — et qui n’y est plus.


C’est précisément cette absence qui rend la visite nécessaire. Le bâtiment, rénové avec soin, est ouvert en visite libre et en visites-conférences animées par des bénévoles, deux jours de suite, de 10h à 12h et de 14h à 18h. Je te recommande d’y aller lors d’une visite-conférence — l’histoire des familles juives de la vallée mérite d’être entendue dans ce contexte précis, et pas seulement lue sur un panneau. Le dimanche soir, un concert clôture le week-end.



La ferme Kupferschmitt-Augsburger à Salm, une façon de vivre qui perdure


Je connais Salm depuis l’enfance. J’habitais le hameau voisin et le dimanche, il arrivait qu’on prenne la route en direction de ce petit village, pour la promenade. Il y avait une ferme-auberge à deux pas — elle n’existe plus — où j’aimais m’arrêter déguster une part de tarte avant de revenir sur Fréconrupt. Ce souvenir-là n’a rien à voir avec les Mennonites. Mais il dit quelque chose sur la façon dont un lieu s’installe dans une mémoire sans qu’on le cherche.


La ferme Kupferschmitt-Augsburger est reconstruite après un incendie en 1790 puis inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en décembre 1984. Elle est l’un des rares témoignages matériels de la communauté anabaptiste de la vallée. Ce qui m’a arrêtée lors de ma visite, c’est de découvrir qu’un couple y vit encore et que leur quotidien continue d’être organisé selon les mêmes principes que ceux qui gouvernaient la vie de leurs prédécesseurs. Quelques aménagements de ce siècle sont inévitables. Mais l’essentiel reste intact.


Il y a dans ce constat quelque chose qui dépasse la curiosité patrimoniale. Ce couple prouve, sans le chercher à démontrer, que la simplicité n’est pas une posture romantique mais un équilibre possible. Les portes de la ferme s’ouvrent au public le dimanche, de 14h30 à 16h30. C’est la seule occasion de l’année d’y entrer — raison suffisante, à mes yeux, pour en faire l’étape centrale de ta journée.


Pour prolonger la visite, le cimetière anabaptiste de Salm mérite le détour. Premier cimetière mennonite alsacien inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, il était exclusivement réservé à la communauté de Salm aux XVIIIe et XIXe siècles. Des visites guidées sont organisées le dimanche à 14h et à 15h15. Les chiens tenus en laisse sont admis.


Le musée des traditions populaires de Neuwiller-la-Roche, la forêt vosgienne comme objet d’étude


Ce musée est moins connu que les autres sites de la liste, ce qui est précisément une bonne raison d’y aller. Lors des Journées du Patrimoine, il propose une exposition et une conférence. L’accueil se fait le samedi et le dimanche de 11h à 18h.

Ce que j’apprécie dans ce type de proposition, c’est qu’elle ne cherche pas à spectaculariser. Elle part d’un territoire précis — la forêt vosgienne — et d’un regard expert sur ce territoire. C’est une façon modeste et honnête de faire du patrimoine naturel ce qu’il est : un objet de connaissance autant que de contemplation.



Le musée Jean-Frédéric Oberlin à Waldersbach, l’œuvre d’un homme singulier


Jean-Frédéric Oberlin est une figure que la vallée porte avec une certaine fierté et pour de bonnes raisons. Pasteur, pédagogue, botaniste, animateur rural et défenseur des droits de l’homme, il a exercé au Ban de la Roche à la fin du XVIIIe siècle d’une façon qui ne ressemble à aucun autre mandat pastoral de son époque. Le musée de Waldersbach qui lui est consacré a été conçu pour que la découverte ne soit pas passive : on y écoute, on y manipule et on y construit. Les visites guidées de l’exposition ont lieu le samedi et le dimanche à 10h et à 14h.


Ce que je retiens de ce lieu, c’est qu’il ne monumentalise pas son sujet. Oberlin y est présenté dans la complexité de son action — non comme une statue mais comme un homme qui a fait des choix précis dans un contexte précis et dont les effets se lisent encore dans la façon dont certains villages de la vallée ont évolué.



D’autres visites à ne pas manquer dans la Vallée de la Bruche


La vallée ne se résume pas à ces cinq sites. Selon les années et les envies, le programme de l’Office de Tourisme propose aussi de comprendre l’histoire du territoire à Saales, de découvrir les abeilles au musée apicole de Colroy-la-Roche, d’arpenter les églises protestantes de Belmont et de Fouday, d’admirer l’habitat rural alsacien à Bellefosse, de plonger dans la Seconde Guerre mondiale au Camp du Struthof à Natzwiller et au Mémorial d’Alsace-Moselle à Schirmeck, d’appréhender l’époque médiévale au Château de Salm, de découvrir l’artiste Camille Braun à Barembach ou de comprendre le fonctionnement de l’ancienne forge de Lutzelhouse.


Pour construire ta propre journée, je te conseille de consulter le programme complet sur le site de l’Office de Tourisme de la Vallée de la Bruche quelques jours avant — les horaires et propositions varient d’une édition à l’autre et certaines visites nécessitent une inscription préalable.




Ce que ces journées disent du territoire

Je reviens chaque année de ce week-end avec quelque chose que je n’avais pas en partant — non pas une information mais un ajustement du regard. La Vallée de la Bruche que je connais depuis toujours se révèle, au fil de ces éditions, plus dense que je ne l’imaginais. Chaque porte ouverte ajoute une curiosité : la communauté juive de Schirmeck, les anabaptistes de Salm, le pasteur de Waldersbach ou les bâtisseurs bénévoles du Guirbaden. Des histoires distinctes, des temporalités qui ne se recoupent pas, mais qui habitent le même territoire et qui méritent d’être traversées.


Les Journées du Patrimoine ne servent pas à faire du tourisme dans sa propre vallée. Elles servent à habiter un lieu comme si l’on n’avait pas encore fini de le comprendre. C’est, pour moi, la définition exacte de ce que j’essaie de faire ici.


FAQ - Journées du Patrimoine en Vallée de la Bruche


Quand ont lieu les Journées du Patrimoine en Alsace ?

Les Journées européennes du Patrimoine se tiennent chaque année le troisième week-end de septembre, le samedi et le dimanche. Les horaires d’ouverture varient selon les sites.


La ferme Kupferschmitt-Augsburger de Salm est-elle accessible au public toute l’année ?

Non. La ferme est une propriété privée habitée. Elle n’est ouverte au public qu’à l’occasion des Journées du Patrimoine, le dimanche de 14h30 à 16h30. C’est la seule occasion de l’année d’y entrer.


Comment trouver le programme complet des Journées du Patrimoine dans la Vallée de la Bruche ?

Le programme complet est publié chaque année sur le site de l’Office de Tourisme de la Vallée de la Bruche (114 Grand-rue, 67130 Schirmeck). Il est mis à jour quelques semaines avant l’événement et précise les horaires, les conditions d’accès et les éventuelles inscriptions nécessaires.


Le cimetière anabaptiste de Salm est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?

Non. La visite du cimetière anabaptiste est déconseillée aux personnes à mobilité réduite en raison du terrain. Les chiens tenus en laisse sont en revanche admis. Les départs se font depuis le parking de la maison forestière de Salm, à 14h et à 15h15, pour une durée d’environ 45 minutes.


Faut-il payer pour visiter les sites lors des Journées du Patrimoine ?

La plupart des visites proposées pendant les Journées du Patrimoine sont gratuites ou à tarif réduit. Il est toutefois conseillé de vérifier les conditions pour chaque site sur le programme officiel, car certaines activités peuvent nécessiter une inscription ou une participation.


[Mise à jour : juin 2026]

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Photo de la voyageuse bruchoise

Qui est la Voyageuse Bruchoise ?

Je m'appelle Priscilia. Je suis née dans la Vallée de la Bruche et la généalogie m'a appris à ne plus regarder les lieux comme de simples décors. J'y cherche ce qu'ils ont traversé, ce qu'ils ont gardé et ce qu'ils révèlent encore de ceux qui y ont vécu.

L'Escale est ma lettre mensuelle, un rendez-vous privilégié pour partager avec toi les coulisses de mes découvertes, mes coups de cœur, mes projets en cours et des histoires inédites que tu ne trouveras pas sur le blog.


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